A quelques jours du premier tour des élections régionales, le blog a souhaité interroger trois de nos candidats – Monique Danion, Anne Camus et Gildas Dréan – sur la façon dont ils vivent la campagne, dans leurs relations et contacts avec les citoyens du Pays de Vannes.
Le blog : Au cours de cette campagne qui précède le premier tour des régionales, on vous a vus très présents sur le terrain (marchés, réunions, porte à porte,...). En quelques mots, comment qualifieriez-vous l'accueil qui vous a été réservé par les Bretonnes et Bretons ?
Monique Danion : Qu’il s’agisse du littoral ou de la Bretagne intérieure, l’accueil est bon et souvent chaleureux. Jean-Yves Le Drian jouit d’une image
incontestablement positive auprès des Bretonnes et des Bretons et représente à ce titre un formidable moteur pour notre liste. Ce qui paradoxalement inquiète, c’est la conviction assez partagée que la victoire est déjà acquise. En réalité, cette certitude constitue un risque majeur de démobilisation, qui peut fragiliser notre résultat de premier tour et affaiblir la dynamique au second. Accueil très positif donc mais nécessité de rappeler qu’il faut le traduire dans les urnes en votant et en incitant son entourage à voter pour la liste « La Bretagne solidaire, créative et responsable ».
Anne Camus : Je rejoins Monique sur le caractère très favorable de l’accueil dont nous bénéficions, avec très peu d’animosité. Nous ne devons cependant pas ignorer un certain nombre de citoyens qui ne s’estiment pas concernés par la campagne. Je pense notamment aux jeunes, exception faite, par exemple, de ceux qui ont bénéficié d’une formation payée par la Région. Et pourtant, comme le souligne Jean-Yves Le Drian avec force, « la jeunesse est la première énergie renouvelable de notre région ! ». Il est une autre frange de population, celle des 30-40 ans qui souffrent d’une précarisation croissante de leurs conditions de vie ; s’estimant souvent abandonnés, ils rejettent la politique et refusent d’aller voter. C’est là que l’enjeu d’une Bretagne solidaire, entre les hommes et entre les territoires, prend tout son sens. Autre constat frappant de ce travail de terrain : l’absence d’une droite, minée par ses divisions internes et ses querelles de personnes quand, nous, nous nous battons pour la Bretagne.
Gildas Dréan : L’impression première sur les marchés, c’est une grande demande de dialogue. Les rares réactions de rejet ne portent pas sur la liste
menée par Jean-Yves Le Drian mais sur la classe politique nationale. On rencontre aussi quelques électeurs qui souhaitent « se faire plaisir » au premier tour mais affirment qu’ils voteront Le Drian au second. Celui-ci jouit en effet d’une belle image : bon président, rassembleur, bosseur et abordable. Mais il est parfois nécessaire de rappeler que l’image ne remplace pas le vote. C’est là que la présence physique d’un candidat ou d’un élu sortant est positive car elle donne un sens plus concret au vote. L’électeur saisit ainsi mieux toute l’importance d’exprimer dès le premier tour son objectif de second tour, c'est-à-dire une majorité de gauche conduite par Jean-Yves Le Drian. Car, comme le rappelle Monique, la dynamique du premier tour est cruciale pour faire émerger une majorité solide et unie, au service de toutes les Bretonnes et de tous les Bretons, notamment les jeunes et les précaires sur lesquels Anne a particulièrement raison d’insister.
Le blog : Les citoyens bretons ont bien sûr exprimé leurs espoirs et leurs préoccupations. Qu’en retenez-vous comme priorités pour le prochain mandat ?
Anne Camus : Les priorités sont pour l’essentiel axées sur le chômage, le pouvoir d’achat, l’urbanisation intensive du littoral, les quartiers défavorisés.
Ce sont autant de sujets qui ne relèvent pas des prérogatives de la Région et qui prouvent combien cette institution de proximité est mal connue mais pourtant appréciée. De façon plus générale, on perçoit une tendance lourde à « nationaliser » cette élection. Avec Monique et Gildas, nous pouvons mesurer depuis de longues semaines déjà à quel point les citoyens bretons, durement éprouvés par la crise, entendent manifester une opposition franche et résolue à la politique de Nicolas Sarkozy. Enfin, et cela peut paraître surprenant tant l’affaire semblait réservée à quelques experts, un certain nombre d’entre eux évoquent le tripatouillage de la réforme territoriale qui n’a d’autre but qu’amoindrir le pouvoir des régions.
Gildas Dréan : L’institution régionale est méconnue et il y a une attente forte des électeurs. En fait, les électeurs pensent déjà à l’étape suivante de 2012 avec un espoir affiché de changement et de voir la fin de cette présidence qui provoque inquiétudes, angoisse, colère et désespoir. À nous de transformer ces exaspérations en dynamique populaire au service d’un projet partagé pour la Bretagne, celui d’une Bretagne solidaire, créative et responsable.
Monique Danion : Les préoccupations sont hélas nombreuses : les jeunes doutent de l’avenir, les chômeurs ne nourrissent guère d’espoir, les travailleurs précaires sont convaincus qu’ils vont rejoindre les chômeurs, les salariés constatent une érosion de leur pouvoir d’achat, les agriculteurs ne voient guère d’issue à la crise qu’ils traversent, les artisans sont confrontés à de gros problèmes de trésorerie, les retraités s’appauvrissent. Tableau très sombre qui contraste avec l’arrogance des plus nantis qui cumulent gros salaire, bonus, parachute doré, retraite chapeau et bouclier fiscal. Une France coupée en deux où la solidarité recule et le chacun pour soi est en permanence valorisé par la majorité UMP. Face à cette perte de confiance dans ceux qui gouvernent la France, les électeurs espèrent beaucoup de la Région, et leurs attentes dépassent souvent de loin les compétences que la loi lui a dévolues. Ils comptent sur la Région pour redynamiser l’économie, assurer une bonne formation à nos jeunes, travailler à la qualité de l’eau, veiller à la santé de tous en combattant notamment les « déserts médicaux », redonner aux agriculteurs la fierté de leur métier avec les moyens d’en vivre décemment. Autant de priorités qui se trouvent dans notre projet, ce qui est bien normal puisqu’il a été élaboré dans une très large concertation avec les Bretonnes et les Bretons.
Le blog : Au cours de cette campagne qui précède le premier tour des régionales, on vous a vus très présents sur le terrain (marchés, réunions, porte à porte,...). En quelques mots, comment qualifieriez-vous l'accueil qui vous a été réservé par les Bretonnes et Bretons ?
Monique Danion : Qu’il s’agisse du littoral ou de la Bretagne intérieure, l’accueil est bon et souvent chaleureux. Jean-Yves Le Drian jouit d’une image
incontestablement positive auprès des Bretonnes et des Bretons et représente à ce titre un formidable moteur pour notre liste. Ce qui paradoxalement inquiète, c’est la conviction assez partagée que la victoire est déjà acquise. En réalité, cette certitude constitue un risque majeur de démobilisation, qui peut fragiliser notre résultat de premier tour et affaiblir la dynamique au second. Accueil très positif donc mais nécessité de rappeler qu’il faut le traduire dans les urnes en votant et en incitant son entourage à voter pour la liste « La Bretagne solidaire, créative et responsable ». Anne Camus : Je rejoins Monique sur le caractère très favorable de l’accueil dont nous bénéficions, avec très peu d’animosité. Nous ne devons cependant pas ignorer un certain nombre de citoyens qui ne s’estiment pas concernés par la campagne. Je pense notamment aux jeunes, exception faite, par exemple, de ceux qui ont bénéficié d’une formation payée par la Région. Et pourtant, comme le souligne Jean-Yves Le Drian avec force, « la jeunesse est la première énergie renouvelable de notre région ! ». Il est une autre frange de population, celle des 30-40 ans qui souffrent d’une précarisation croissante de leurs conditions de vie ; s’estimant souvent abandonnés, ils rejettent la politique et refusent d’aller voter. C’est là que l’enjeu d’une Bretagne solidaire, entre les hommes et entre les territoires, prend tout son sens. Autre constat frappant de ce travail de terrain : l’absence d’une droite, minée par ses divisions internes et ses querelles de personnes quand, nous, nous nous battons pour la Bretagne.
Gildas Dréan : L’impression première sur les marchés, c’est une grande demande de dialogue. Les rares réactions de rejet ne portent pas sur la liste
menée par Jean-Yves Le Drian mais sur la classe politique nationale. On rencontre aussi quelques électeurs qui souhaitent « se faire plaisir » au premier tour mais affirment qu’ils voteront Le Drian au second. Celui-ci jouit en effet d’une belle image : bon président, rassembleur, bosseur et abordable. Mais il est parfois nécessaire de rappeler que l’image ne remplace pas le vote. C’est là que la présence physique d’un candidat ou d’un élu sortant est positive car elle donne un sens plus concret au vote. L’électeur saisit ainsi mieux toute l’importance d’exprimer dès le premier tour son objectif de second tour, c'est-à-dire une majorité de gauche conduite par Jean-Yves Le Drian. Car, comme le rappelle Monique, la dynamique du premier tour est cruciale pour faire émerger une majorité solide et unie, au service de toutes les Bretonnes et de tous les Bretons, notamment les jeunes et les précaires sur lesquels Anne a particulièrement raison d’insister.Le blog : Les citoyens bretons ont bien sûr exprimé leurs espoirs et leurs préoccupations. Qu’en retenez-vous comme priorités pour le prochain mandat ?
Anne Camus : Les priorités sont pour l’essentiel axées sur le chômage, le pouvoir d’achat, l’urbanisation intensive du littoral, les quartiers défavorisés.
Ce sont autant de sujets qui ne relèvent pas des prérogatives de la Région et qui prouvent combien cette institution de proximité est mal connue mais pourtant appréciée. De façon plus générale, on perçoit une tendance lourde à « nationaliser » cette élection. Avec Monique et Gildas, nous pouvons mesurer depuis de longues semaines déjà à quel point les citoyens bretons, durement éprouvés par la crise, entendent manifester une opposition franche et résolue à la politique de Nicolas Sarkozy. Enfin, et cela peut paraître surprenant tant l’affaire semblait réservée à quelques experts, un certain nombre d’entre eux évoquent le tripatouillage de la réforme territoriale qui n’a d’autre but qu’amoindrir le pouvoir des régions.Gildas Dréan : L’institution régionale est méconnue et il y a une attente forte des électeurs. En fait, les électeurs pensent déjà à l’étape suivante de 2012 avec un espoir affiché de changement et de voir la fin de cette présidence qui provoque inquiétudes, angoisse, colère et désespoir. À nous de transformer ces exaspérations en dynamique populaire au service d’un projet partagé pour la Bretagne, celui d’une Bretagne solidaire, créative et responsable.
Monique Danion : Les préoccupations sont hélas nombreuses : les jeunes doutent de l’avenir, les chômeurs ne nourrissent guère d’espoir, les travailleurs précaires sont convaincus qu’ils vont rejoindre les chômeurs, les salariés constatent une érosion de leur pouvoir d’achat, les agriculteurs ne voient guère d’issue à la crise qu’ils traversent, les artisans sont confrontés à de gros problèmes de trésorerie, les retraités s’appauvrissent. Tableau très sombre qui contraste avec l’arrogance des plus nantis qui cumulent gros salaire, bonus, parachute doré, retraite chapeau et bouclier fiscal. Une France coupée en deux où la solidarité recule et le chacun pour soi est en permanence valorisé par la majorité UMP. Face à cette perte de confiance dans ceux qui gouvernent la France, les électeurs espèrent beaucoup de la Région, et leurs attentes dépassent souvent de loin les compétences que la loi lui a dévolues. Ils comptent sur la Région pour redynamiser l’économie, assurer une bonne formation à nos jeunes, travailler à la qualité de l’eau, veiller à la santé de tous en combattant notamment les « déserts médicaux », redonner aux agriculteurs la fierté de leur métier avec les moyens d’en vivre décemment. Autant de priorités qui se trouvent dans notre projet, ce qui est bien normal puisqu’il a été élaboré dans une très large concertation avec les Bretonnes et les Bretons.
