mardi 16 mars 2010

Chronique d'une rupture annoncée

Dans un texte intitulé « Que sont nos amis Verts devenus ? », le blog s’interrogeait ce 24 février sur le comportement des Verts et tout particulièrement sur celui de Guy Hascoët, tête de liste d’Europe Ecologie pour la Bretagne. Ainsi le blog rapportait comment Guy Hascoët avait tiré à boulets rouges sur Jean-Yves Le Drian lors d’une réunion publique le 18 février à Vannes. Et le blog de conclure : « Reste cette question en suspens avant le premier tour des régionales : après un mandat dont tous les acteurs de gauche au Conseil régional ont reconnu la qualité du travail commun, l’écoute mutuelle, la volonté partagée de faire avancer la Bretagne, la détermination à définir ensemble une vision d’avenir pour les Bretonnes et les Bretons, quelle a été la motivation profonde d’Europe Ecologie pour prendre le risque d’ébranler cet édifice dont il faut poursuivre la construction ? ».

La réponse à cette question est aujourd’hui claire : Europe Ecologie avait déjà fait le choix d’en découdre jusqu’au bout avec la liste menée par Jean-Yves Le Drian.
Il est vrai qu’à l’époque, les instituts de sondage évaluaient Europe Ecologie entre 18 et 20%. Cela permettait de parler d’une voix forte à son allié traditionnel du mandat précédent. D’une voix un peu moins forte mais malgré tout audible, Guy Hascoët laissait entendre que le costume de président de région était taillé à sa mesure.

Mais les instituts de sondage ne remplacent pas encore les électeurs et le score d’Europe Ecologie, victime du réchauffement climatique peut- être, fondait de 20 à 12%.
Ce qui n’empêchait pas Guy Hascoët de revendiquer 14 postes comme s’il avait réalisé un score de 23%.
Le dilemme auquel était confronté Jean-Yves Le Drian, s’il accédait à une telle demande, était désormais le suivant :
- soit demander aux écologistes de sa liste de bien vouloir céder leur place à Europe Ecologie, c'est-à-dire trahir ceux qui, dès la première heure, lui avaient fait confiance
- soit maintenir ces mêmes écologistes sur la liste mais demander alors aux candidats socialistes de libérer des places réduisant le parti socialiste au rôle de supplétif à la région alors qu’il arrive en tête du premier tour.

Guy Hascoët a mis la liste rassemblée de Jean-Yves Le Drian devant le pire des choix, le choix impossible qui ne pouvait en conséquence qu’être rejeté.

Malgré ce regrettable épisode dont la Bretagne aurait aimé se passer, c’est la même liste d’unité et de rassemblement menée par Jean-Yves Le Drian qui se présente, dimanche 21 mars, devant les électeurs. Et il faut que chacune et chacun d’entre nous gardent présent à l’esprit que les écologistes, au-delà de leur appareil, sont et resteront, nous l’espérons, des partenaires pour une Bretagne ayant le progrès pour horizon.

Notre engagement doit donc être total pour battre notre adversaire de droite, libéral, anti-régionaliste et centralisateur. Notre action, au cours des jours qui nous séparent du scrutin de dimanche, doit donc s’employer à tout mettre en œuvre pour faire gagner la Bretagne solidaire, créative et responsable.