Le lundi 25 octobre les membres UMP et centristes de la commission mixte paritaire (constituée de 7 sénateurs et 7 députés) ont élaboré un texte commun. A cette occasion les sénateurs de la majorité ont renoncé à certaines de leurs propres propositions, au profit de dispositions réclamées par le MEDEF !
Le mardi 26 le Sénat a voté la réforme.
Le mercredi 27, cela a été le tour de l'Assemblée Nationale.
Une affaire rondement menée, donc. Un passage en force.
Reste à promulguer la loi, après son examen par le Conseil constitutionnel.
L'intersyndicale a appelé à manifester le jeudi 28, avec une mobilisation très honorable compte tenu des circonstances (de l'ordre de 4000 participants à Vannes). Une nouvelle journée d'action est prévue pour le samedi 6 novembre.Des grèves reconductibles, des actions de blocages, des manifestations de lycéens et d'étudiants se poursuivent.
L'Elysée espère que, peu à peu, ces mouvements vont se raréfier, puis cesser.
Mais l'harmonie et la paix sociale seront-elles pour autant rétablies ?
Le comportement du pouvoir dans ce dossier des retraites a grandement mis à mal le dialogue social dont Nicolas Sarkozy se targuait dans sa campagne de 2007 et au début de son quinquennat . Il en restera forcément des traces, des déceptions, des rancoeurs.
Par ailleurs quel avenir aura une loi injuste imposée dans de telles conditions : espérance de l'usure du mouvement, déni de réalité, mépris, condescendance ?
Extrayons ce court passage d'un très intéressant entretien de la philosophe Cynthia Fleury* avec Olivier Schmitt dans le Monde des 24/25 octobre :
"Gouverner, ce n'est pas pratiquer l'autoritarisme. Pour cela il y a les petits chefs, les petits tyrans qui n'ont rien à voir avec l'art de gouverner.
Diriger c'est conduire un peuple avec son assentiment vers des seuils que l'on considère comme des clés pour que la démocratie se renforce.
La réforme des retraites est un seuil monumental. C'est une réforme structurelle qui aurait demandé peut-être cinq ans de dialogue, la recherche d'un consensus avec les acteurs de l'opposition.
Or le gouvernement pratique une accélération délirante. Quand on entreprend une réforme, il faut toujours s'assurer du degré d'acceptation de cette réforme car, sinon, on travaille pour rien."
Gageons qu'il nous faudra tout reprendre dans peu d'années ...
*Professeur à l'Université Américaine de Paris. Enseigne également à Sciences Po Paris et à l'Ecole Polytechnique
