dimanche 25 avril 2010

Diasso Konaté constitue-t-il un danger pour l'ordre public ?

M. Diasso Konaté, Guinéen, est arrivé à Vannes en toute légalité il y a huit ans, afin de poursuivre des études supérieures. Par la suite, un enchaînement de circonstances a fait de lui un "sans-papier". Il a déposé en Préfecture de Vannes des demandes d'autorisation provisoire de séjour (APS), la dernière demande remontant au 6 avril dernier. Des associations de Vannes, la section du PS, lui ont apporté un soutien moral et même souvent matériel.
Le lundi 19 avril 2010 il a rencontré à Vannes la Police des frontières afin de "parler" de son dossier; pour cela il était "impératif", paraît-il, de le mettre en garde à vue. A l'issue de celle-ci il s'est retrouvé interné au Centre de rétention administrative de Rennes. Trois jours plus tard le Tribunal administratif a répondu négativement à sa demande d'APS et a décidé de son maintien en rétention au centre, en attendant l'expulsion vers la Guinée.


En dernier recours l'association "Réseau Education Sans Frontières" et le secrétaire de la section de Vannes du PS ont fait parvenir à la Préfecture de Vannes le texte suivant :

Monsieur Le Préfet du Morbihan

Inquiets quant à la situation de Diasso Konaté, actuellement au CRA de St Jacques de La Lande, nous vous demandons d’accepter un recours gracieux afin de lui éviter l’ expulsion.
En effet, Diasso Konaté est guinéen ; la situation politique en Guinée aujourd’hui rend périlleux tout retour dans ce pays où la violence règne.
Par ailleurs, Diasso Konaté est en France depuis de nombreuses années ; après avoir acquis et validé une formation en Informatique de haut niveau à l’UBS de Vannes, ce jeune homme volontaire et dynamique, parfaitement intégré et maîtrisant parfaitement la langue française, a demandé à pouvoir s’installer en France dans le cadre du droit de séjour « Talents et compétences ». Dans le même temps, il a fondé une micro entreprise en tant que webmaster et a d’ailleurs réalisé diverses prestations.
Son expulsion le priverait totalement d’utiliser les acquis de sa formation universitaire et risque de pénaliser irrémédiablement son avenir.
C’est pourquoi, Monsieur Le Préfet, nous vous demandons de faire en sorte qu’une solution favorable à son maintien en France lui soit proposée.
En vous remerciant de l’attention que vous porterez à ce cas douloureux, veuillez recevoir Monsieur Le Préfet, nos salutations les plus respectueuses.

Nous espérons que cette demande obtiendra une réponse favorable et que "la politique du chiffre" du Ministre de l'Intérieur ne conduira pas à oublier les aspects humains d'une telle situation.