samedi 4 septembre 2010

Non à la xénophobie et à la politique du pilori (suite)

Le 4 septembre 2010, à onze heures, trois cents personnes se sont rassemblées devant la préfecture de Vannes, pour répondre à "l'appel citoyen" lancé par une cinquantaine d'organisations politiques, syndicales et associatives.
Germaine Le Quéré, présidente de l'antenne vannetaise de la Ligue des Droits de l'Homme a lu un important texte élaboré collectivement par les organisateurs.
Il mériterait d'être reproduit intégralement.Citons-en, avec son autorisation, de larges extraits :

"Nous sommes rassemblés pour protester contre la xénophobie d'Etat et la politique du pilori, manifester notre indignation devant des mesures condamnées par tous les républicains, à droite comme à gauche, par les autorités religieuses et par les instances de l'ONU.
Des mesures qui nous soulèvent le coeur. Face à la négation de nos valeurs républicaines, notre devoir est d'engager le combat, de nous mobiliser. Ce combat doit être celui de chacun d'entre nous !

Chaque jour un peu plus, nos droits, nos libertés sont attaqués, fragilisés, remis en cause.
[...] Nous, citoyens, faisons face à des problèmes croissants concernant l'emploi, le logement, l'accès aux soins, l'éducation, les retraites, l'injustice fiscale et l'explosion des inégalités.
Les plus hautes autorités de l'Etat détournent l'attention en divisant, en jetant à la vindicte publique des catégories entières de population, en suscitant la méfiance de tous envers tous. [...] Tous les jours le président de la
République, les ministres, les députés ou sénateurs de la majorité font de nouvelles propositions puisées dans le programme du Front National. [...]
Le nécessaire respect de l'ordre public n'a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.[...]

Après un débat sur "l'identité nationale" qui avait déjà généré une recrudescence de la xénophobie et du racisme, notamment envers les musulmans, cette surenchère vise à faire diversion suite aux nombreuses affaires, au débat sur les retraites, à une rentrée sociale qui s'annonce tumultueuse pour le gouvernement. Il veut faire oublier les conséquences désastreuses de sa politique économique et sociale. En créant un "ennemi intérieur" l'offensive gouvernementale augmente les tensions particulièrement dans les quartiers populaires, elle accentue la précarité des plus démunis et veut réprimer les mouvements de résistance aux injustices.[...]

Nous sommes aux antipodes d'une société républicaine où l'égalité, la liberté, le respect de l'autre, la tolérance, la solidarité, le partage, sont à la base de la paix civile et du progrès social. Les français sont tous égaux devant la loi. [...]

Attendons-nous à la démagogie la plus épaisse.[...] Ces mesures, minutieusement étudiées, flattent ce qu'il y a de plus bas, de plus vil, de plus vulgaire en nous. Mais il suffit d'un peu de réflexion pour que la raison reprenne ses droits.
Il appartient à tous les démocrates, où qu'ils soient, qui refusent ces extrêmes, de se mobiliser.
[...]

Il est urgent de rappeler que le racisme, l'exclusion, les discriminations raciales, n'ont pas leur place dans notre république et que nous valons mieux que cela.
Il est primordial de rappeler que nous voulons Vivre ensemble : libres, égaux et fraternels.
Ici comme ailleurs, ensemble, nous voulons le respect des droits et des libertés, des principes d'égalité de tous sans distinction devant la loi, et d'égale dignité de la personne humaine. "

Puis Anita Kervadec, responsable du Réseau Ecole sans Frontières, donne lecture d'une lettre envoyée au préfet du Morbihan, afin que ce dernier renonce à l'expulsion en Turquie d'une femme kurde et de ses enfants.

La dispersion a lieu un peu après midi. Rendez-vous est donné au mardi 7 septembre...