mardi 21 septembre 2010

10ème UNIVERSITE DE BERDER : UN EXCELLENT CRU

Placée sous le thème de « Quel projet pour le Morbihan ? », cette 10èmè édition a été de l’avis général d’un remarquable niveau. Pour ce 10ème anniversaire, étaient au rendez-vous des intervenants qui ont placé cette université à un haut niveau de réflexion et des débats tant en ateliers qu’en séance plénière qui ont démontré l’intérêt manifesté par la centaine de participants pour le choix du thème général et ceux plus ciblés des ateliers. Et, c’est l’usage pour cette université de Berder, le soleil était bien là faisant de la pause déjeuner un beau moment d’échanges et de convivialité.

L’introduction matinale
L’ouverture très offensive de Paul Paboeuf (Président de Démocratie et Projet 56, maire de Questembert) sur le thème de l’avenir des collectivités locales face à la réforme territoriale façon Sarkozy a campé le décor de la journée. Combattre cette réforme mais susciter l’espérance en préparant « un projet crédible, enraciné dans la réalité, dans nos convictions et dans nos valeurs ».


Olivier Sire, Président de l’Université de Bretagne –Sud, a pris le relais. La démonstration a été faite de l’exigence d’interaction entre université d’une part et collectivités et réseaux d’autre part. Le succès de l’économie locale est en effet subordonné au développement d’une relation entre monde universitaire et territoires dans leurs travaux prospectifs. Il a aussi démontré combien le coût de formation d’un étudiant constituait un excellent investissement puisque ce même étudiant une fois en activité allait restituer trois fois ce coût via la fiscalité.

Les ateliers
Une synthèse des ateliers, trop longue pour être ici rapportée, sera proposée dans le Rappel du Morbihan. Ce qu’il convient de retenir toutefois c’est la participation équilibrée dans chacun des ateliers ce qui tend à démontrer la pertinence des thèmes choisis. Ce qu’il faut aussi rapporter, c’est la satisfaction des participants pour le temps suffisant accordé au débat qui a généré de la qualité dans son contenu.

La plénière
En introduction, Nicolas Le Quintrec, leader du groupe de la gauche vannetaise, a souligné la multitude de questions soulevées par une réforme mal préparée et ne répondant pas aux attentes et aux besoins mais ayant pour seul objectif une opération électoraliste.

Patrick Salez, expert des politiques territoriales à la Commission européenne, a rappelé que la Traité de Lisbonne a reconnu aux régions leur légitimité territoriale alliée à une nécessaire amélioration de la gouvernance nationale notamment en matière de solidarité. Vaste chantier en friche pour la France. Il a porté un regard sévère sur le projet de réforme façon Sarkozy : absence de décentralisation, absence de règle de répartition des pouvoirs, absence de réflexion sur la fiscalité. Il a dénoncé l’approche purement mécaniste de cette réforme trahissant notamment une crise réelle de gouvernance. Il a par contre insisté sur le nécessaire renforcement de l’intercommunalité, sur la liaison du couple région/département, sur la clarification des compétences préalable à toute réforme Dans sa conclusion, il a souligné qu’en Europe le constat était incontournable : décentralisation et efficacité étaient intimement liées.

Odette Herviaux, sénatrice du Morbihan, a vivement critiqué la réforme telle qu’envisagée par Sarkozy : état des lieux en forme de mensonges et falsifications, absence de concertation, pratique partisane des institutions, réforme recentralisatrice, esprit électoraliste à contretemps des dynamiques européennes, fragile autonomie financière en voie de disparition, accroissement des inégalités territoriales… Elle a développé les propositions des sénateurs PS pour plus de démocratie et de décentralisation. Elle a enfin justement rappelé les quinze propositions du PS en la matière.

Les interventions politiques de clôture
C’est une belle brochette de responsables politiques qui a conclu cette université : Gwendal Rouillard, premier secrétaire fédéral et vice-président de Cap L’Orient, Hervé Pellois, président du groupe de gauche au Conseil général et maire de Saint-Avé, Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne et Laurent Beauvais président de la région Basse-Normandie. Il faut bien sûr retenir la complémentarité des points de vue sur les enjeux territoriaux et la nécessaire solidarité qui doit les animer. Il a aussi été rappelé que les élections cantonales constituaient notre plus proche horizon et qu’Hervé Pellois allait être au centre du dispositif notamment lors des forums participatifs organisés en octobre, novembre et décembre prochains.


Jean-Paul Méheust
Section de Vannes.