Le maire de Vannes est en campagne électorale. On le savait au travers de la multiplication des inaugurations, des poses de premières pierres, des annonces et des vieilles promesses qui ressortent à chaque élection comme des lapins d’un chapeau. Et même si l’édile s’est affiché avec un petit nounours, les médias relaient tout cela avec une curieuse bienveillance...
Mais cette fois, une certaine presse va plus loin. Elle se projette déjà au lendemain des cantonales avec une certitude : Goulard, président du conseil général. Reste la question de son nouveau remplaçant à la mairie puisque le capitaine Trochet a été débarqué. Deux prétendants seraient en lice qui jurent, la main sur cœur, qu’ils ne seront que le choix d’une équipe. Cette certaine presse qui n’a ni le cœur ni le porte-monnaie à gauche n’a pas de scénario de remplacement.
On lui proposera donc le suivant.
Dimanche 27 mars, deuxième tour des élections cantonales. Il est 17 h 30. Des supporters de Goulard, dans une arrière-salle de la mairie, font déjà sauter les premiers bouchons de champagne. Goulard qui a appris les bonnes manières à l’ENA leur suggère d’attendre le début du dépouillement.
Il est 18 h 00. Goulard regarde d’un œil gourmand l’ouverture des urnes. Le photographe de la certaine presse mitraille celui qui va une nouvelle fois abandonner les Vannetais pour voler vers d’autres fonctions : la présidence du département, l’antichambre espérée de celle de la région. C’est la plus petite taille de costume qui sied à cet homme. Celui de ministre lui va encore mieux pense-t-il, mais il a le sentiment d’être barré par Sarkozy.
Les scrutateurs posent les premiers bulletins de vote sur les tables. Les piles semblent alors de même hauteur. Les préposés au champagne reviennent de l’arrière-salle et se voient confier une nouvelle mission. Surveiller tout individu qui pourrait être de gauche et donc susceptible de vouloir frauder...
Le maire fait grise mine. Il ne s’imaginait pas devoir rester dans sa boutique vannetaise jusqu’en 2014. Pourtant tout était prévu. Le successeur avait été désigné, à la courte paille. Cela n’avait en effet guère d’importance puisque le fils était venu à Vannes pour garder la boutique de papa avant de la prendre à son compte en 2014. En ces temps de crise économique, le népotisme reste en effet une valeur refuge.
Il est 19 h 30. La gauche l’emporte à Vannes et au département.
La certaine presse rejoint ses bureaux car il faut dare-dare rédiger un nouvel article. Celui déjà écrit est bon à mettre au panier.
Nous ne sommes pas le 27 mars à 19h30. Mais si c’était le bon scénario ?
