
Dans cette période de crise, les habituels pourfendeurs de l’Europe reviennent sur le devant de la scène : ils veulent le retour à notre monnaie nationale, le Franc. Objectif : rendre notre économie plus compétitive grâce au levier magique de la dévaluation compétitive qui est à l’économie ce que l’huile de foie de morue est à la médecine. Ces chevaliers de l’apocalypse communautaire prétendent ainsi régler le problème de fond d’une économie mondiale aux prises avec un capitalisme financier qu’à l’évidence personne ne maîtrise en se contentant de casser le thermomètre, c'est-à-dire l’euro. Et sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, la comparaison entre la France et l’Allemagne demeure particulièrement instructive.
En 1960, le Franc et le Mark étaient à parité. Au 1er janvier 2002, à l’arrivée de l’euro, celui-ci valait 1.95583 Mark et 6.55957 Francs. Ainsi, là où en 1960 on achetait 1 Mark avec 1 Franc, au 31 décembre 2001 il fallait désormais 3.35 Francs pour acheter 1 Mark. Et la France qui a usé et abusé de ces dévaluations compétitives s’est retrouvée à la remorque d’une Allemagne qui s’est bien gardé de ce remède à la docteur Knock. Rappelons quand même qu’à la naissance de l’euro, celui-ci valait 1.17 dollar et qu’après avoir atteint des sommets à 1.50, sa valeur demeure supérieure à 1.30 dollar. L’euro ne s’est donc pas effondré.
Ce constat ne doit cependant pas nous exonérer d’une analyse lucide.
La création de l’euro aurait logiquement dû s’accompagner d’une convergence voire d’une harmonisation sociale et fiscale. Les clivages politiques et idéologiques n’y ont guère aidé : une droite qui veut réduire l’Europe à une zone de libre-échange et une gauche favorable à des approches plus fédérales, mais handicapée sur la gauche de sa gauche par des tenants d’une Europe du grand soir aussi peu souhaitable que réalisable.
Le problème des dettes publiques abyssales doit également être résolu et ne saurait se satisfaire d’une simple contraction mécanique des dépenses qui menace le retour d’une croissance solide. Le lancement d’euro-obligations constitue à cet égard l’une des solutions envisageables car un tel instrument – un puissant marché obligataire sous contrôle communautaire –, empêcherait les marchés de jouer les États de la zone euro les uns contre les autres. Rejet pavlovien de Merkel et moue française mais soutien des sociaux-démocrates allemands...
Alors l’Europe va-t-elle progresser comme elle le fait si souvent ? Dans la crise ? Le trio Sarkozy-Merkel-Cameron oblige toutefois à tempérer un optimisme pourtant modéré.
En 1960, le Franc et le Mark étaient à parité. Au 1er janvier 2002, à l’arrivée de l’euro, celui-ci valait 1.95583 Mark et 6.55957 Francs. Ainsi, là où en 1960 on achetait 1 Mark avec 1 Franc, au 31 décembre 2001 il fallait désormais 3.35 Francs pour acheter 1 Mark. Et la France qui a usé et abusé de ces dévaluations compétitives s’est retrouvée à la remorque d’une Allemagne qui s’est bien gardé de ce remède à la docteur Knock. Rappelons quand même qu’à la naissance de l’euro, celui-ci valait 1.17 dollar et qu’après avoir atteint des sommets à 1.50, sa valeur demeure supérieure à 1.30 dollar. L’euro ne s’est donc pas effondré.
Ce constat ne doit cependant pas nous exonérer d’une analyse lucide.
La création de l’euro aurait logiquement dû s’accompagner d’une convergence voire d’une harmonisation sociale et fiscale. Les clivages politiques et idéologiques n’y ont guère aidé : une droite qui veut réduire l’Europe à une zone de libre-échange et une gauche favorable à des approches plus fédérales, mais handicapée sur la gauche de sa gauche par des tenants d’une Europe du grand soir aussi peu souhaitable que réalisable.
Le problème des dettes publiques abyssales doit également être résolu et ne saurait se satisfaire d’une simple contraction mécanique des dépenses qui menace le retour d’une croissance solide. Le lancement d’euro-obligations constitue à cet égard l’une des solutions envisageables car un tel instrument – un puissant marché obligataire sous contrôle communautaire –, empêcherait les marchés de jouer les États de la zone euro les uns contre les autres. Rejet pavlovien de Merkel et moue française mais soutien des sociaux-démocrates allemands...
Alors l’Europe va-t-elle progresser comme elle le fait si souvent ? Dans la crise ? Le trio Sarkozy-Merkel-Cameron oblige toutefois à tempérer un optimisme pourtant modéré.
