jeudi 26 janvier 2012
Décision de fermeture de l’école Descartes
Claude Jahier, conseillère municipale d’opposition (socialiste) a réagi à cette décision. Dans le groupe de la Gauche vannetaise elle s’occupe plus spécialement des questions d’enseignement, de culture, de jeunesse, de famille. Elle est aussi administratrice du CCAS.
Elle a été investie par le Parti socialiste comme candidate aux législatives de juin 2012 dans la première circonscription du Morbihan.
Claude Jahier a rédigé un communiqué de presse dont nous reprenons l’essentiel.
« Stupeur, incompréhension et colère des parents. Il y a de quoi quand on lit le fatras de mauvais arguments supposés motiver cette fermeture :
-du côté de l’Inspection d’Académie qui se range prudemment derrière les directives ministérielles pour qu’il n’y ait pas d’enfant de moins de trois ans en maternelle.
-ou encore une classe maternelle unique qui n’aurait pas sa place à Vannes là où en d’autres lieux on regroupe les classes pour supprimer des postes d’enseignants.
-du côté de la mairie où le maire et son adjointe aux affaires scolaires, dans une lettre adressée à la directrice de l’école, stigmatisent le coût de fonctionnement pour un « si petit nombre d’enfants » (24 au minimum) l’année prochaine). Prétexte : électricité et chauffage.
[…]
François Hollande s’est engagé à recréer des postes d’enseignants car l’éducation a toujours été au cœur des projets socialistes. Il y va de l’intérêt de nos enfants.
L’éducation, c’est le plus formidable investissement qui puisse être fait pour l’avenir de notre pays. […] La solidarité entre générations est le ciment d’une société républicaine. »
lundi 9 janvier 2012
Présidence du Comité de soutien à François Hollande, par Michel Olivier
Chers amis, chers camarades, je m’exprime ce soir (vendredi 6 janvier, voeux de la section) en qualité de président du comité de soutien à François HOLLANDE pour la première circonscription du Morbihan, au nom du et mandaté par le Parti Socialiste et au nom du et mandaté par le président du Parti des Radicaux de Gauche J.P. MOUSSET dont je salue la présence parmi nous ce soir.
J’ai recherché, dans les débats sur les primaires citoyennes, démarche dont le succès démocratique a été unanimement salué, et dans ses déclarations plus récentes, quelques mots caractérisant notre candidat François HOLLANDE. Voici mon choix :
Socialiste – Démocrate – Au service du bien commun – Attentif à la dignité des plus faible – Européen – Défenseur d’une Europe Sociale – De la solidarité entre les nations européennes - Rassembleur
Autant de raisons, et j’en oublie certainement, pour lesquelles j’ai accepté de prendre la présidence du comité de soutien à François HOLLANDE.
Permettez-moi de m’arrêter un instant sur deux ou trois de ces mots :
Socialiste : la plupart d’entre nous, ici ce soir, acceptent de voir ce qualificatif accolé à leur nom. Le socialisme qui nous rassemble est une éthique : c’est le sens des autre, celui de la solidarité et de la justice.
Démocrate : la démocratie est indispensable pour faire prospérer le socialisme. Elle devrait être notre culture intransigeante, impliquant le respect du droit et des règles fixées en commun.
Europe sociale : pour nous sentir véritablement citoyen européen il convient de faire converger par le haut tous nos systèmes sociaux ( Jacques DELORS)
Avec François HOLLANDE nous allons devoir affronter une crise d’une force et d’une brutalité inouïes. Résultat de toutes les inégalités que nous avons laissé se développer, de toutes les démesures tolérées, de notre individualisme, de l’appétit immodéré d’une minorité pour l’argent. Crise dont, en France, le Président sortant est largement responsable.
Cette crise revêt au moins trois aspects:
-la crise sociale due au chômage, à l’exclusion, à la précarité, aux inégalités extrêmes
-la crise économique et financière qui touche le monde entier
-la crise écologique qui se développe vite et qui est aggravée par l’irresponsabilité des nations -incapables de s’entendre sur les efforts à faire.
Trois aspects qui sont ensemble l’expression d’une crise morale profonde de nos sociétés.
Concrètement pour nos concitoyens la crise c’est quoi :
-5.000.000 de chômeurs et précaires
-8.000.000 de pauvres dans notre pays
-des services publics à l’abandon, notamment l’éducation nationale et la santé
-un écart qui s’accroît entre les plus riches et les plus pauvres
-le droit au logement en déshérence
-des plans de rigueur qui sont, avant tout, une stratégie d’abandon de notre modèle social. Bien sûr il faut réduire la dette et cela suppose des efforts. Mais ces efforts devront être d’abord demandés à ceux qui ont été, ces dernières années, outrageusement favorisés.
Vous allez me dire, amis et camarades, que vous connaissez tout cela ; c’est vrai ! Mais le mal qui nous guette c’est la résignation, pas la vôtre bien sûr, votre présence en témoigne, mais celle de nos concitoyens. Heureusement le mouvement des « indignés » qui se développe partout dans le monde vient nous interpeller. C’est pourquoi avec François HOLLANDE, 2012 doit marquer le changement pour plus de justice, plus de dignité, plus de liberté.
Pour ma part, je suis optimiste. Si vous le voulez bien, partageons ensemble cet optimisme, à partir de quelques questions et réponses:
>François HOLLANDE est-il l’homme, le président, capable de guider la France et l’Europe vers une sortie de crise…Je réponds oui !
>Est-il capable de nous redonner confiance…je réponds oui !
>Est-il capable de parler vrai aux français et de leur faire comprendre les efforts à accomplir…je réponds oui !
>Est-il capable d’être attentif aux besoins des moins chanceux et des plus vulnérables…je réponds oui !
>Enfin pour tout responsable, plus encore pour le responsable au plus haut niveau de la France, les qualités morales sont essentielles François Hollande les a-t-il … je réponds oui !
Chers amis, chers camarades, je vous exprime ma confiance mais soyons conscient qu’il n’y a pas d’homme miracle. La sortie de crise, le choix d’un autre modèle de développement, d’une nouvelle société c’est aussi, dès aujourd’hui, notre responsabilité personnelle. A ce titre, d’abord pour gagner, ensuite pour redresser la France François HOLLANDE aura besoin de nous. Avec lui, il faut mobiliser les français autour de l’avenir : l’éducation, la recherche, la culture, la transition écologique et énergétique.
Pour être efficace prenons conscience :
-des limites de nos intérêts personnels. Nos intérêts égoïstes sont source d’inégalités, dans ce cas où est l’intérêt général ?
-des limites de l’accumulation des désirs…le toujours plus est une faute !
-des limites de la nature : on ne peut prélever indéfiniment des ressources finies.
Cela implique une transformation profonde de nos comportements.
J’ai promis d’être concis, donc je vous ai exprimé l’essentiel de mes convictions :
Jecrois vraiment que cette élection, dans le contexte de crise que nous traversons, est l’opportunité d’un nouvel état d’esprit, de la recherche de nouveaux mode de vie et de relations humaines plus vraies surtout avec les moins chanceux et les plus vulnérables.
AMOS, le berger prophète, pourfendeur des injustices, disait déjà il y a 3000ans :
Que le droit jaillisse des eaux et la justice comme un torrent intarissable
3000 ans AMOS
220 ans la révolution française et la première déclaration des droits de l’homme
1948, 63 ans déjà, déclaration universelle des droits de l’homme
2012 le combat pour les droits et la justice reste, en France et dans le monde, ô combien, d’actualité.
Chers amis, chers camarades j’en ai la conviction, il faut nous poser individuellement et collectivement la question : en avons-nous fait assez pour les droits et la justice ?
Aujourd’hui, dès ce soir, l’urgente priorité est notre engagement
et notre mobilisation militante avec François HOLLANDE.
François HOLLANDE est porteur, j’en suis sûr, de ces idées fondamentales, son horizon s’inscrit dans la durée, apportons lui tout notre soutien pour gagner : pour la France et pour l’Europe
Enfin, en raison de tout ce qui précède, c’est avec gravité que j’appelle toutes les sections et tous les militants de la circonscription de Vannes à rejoindre le comité de soutien à François HOLLANDE c’est, tout simplement, une exigence de sa part.
ANNEXE
Très concrètement, je n’oublie pas ma responsabilité de Président du comité de soutien à François HOLLANDE dans la première circonscription du Morbihan. Cette mission, je la conduis en plein accord avec la Fédération départementale du Parti Socialiste. J’ai la volonté d’animer, dans le cadre de la mission de ce comité de soutien, une campagne de proximité, proche du terrain avec je l’espère votre participation
Claude JAHIER et Simon UZENAT seront les porte-parole de notre comité.
Sur le terrain leur mission est essentielle. En ce qui me concerne, es qualité de président, je serai toujours à votre disposition et je m’efforcerai d’être disponible. Dès aujourd’hui j’invite le plus grand nombre d’entre vous à nous rejoindre. Une démocratie exigeante nous oblige à vous tenir au courant de l’expression de notre comité, de ses actions, actions que nos conduiront, si possible, avec votre participation active.
Notre zone d’intervention couvre la totalité de la circonscription : les cantons de Vannes- centre, Vannes-Est, Vannes-Ouest, Muzillac, Sarzeau.
Aidez-nous en nous indiquant les coordonnées des personnes de votre connaissance susceptibles de nous rejoindre. Nous les contacterons directement et, avec votre accord, en votre nom. Chacun d’entre-nous a la responsabilité de rechercher, de convaincre, dans chacune de nos communes des personnalités du monde associatif, économique, syndical, social et culturel.
Notre devoir, comme le souhaite François HOLLANDE, est de rassembler non seulement au sein de notre Parti, des radicaux de gauche et des sympathisants de la gauche mais aussi, bien au-delà, le maximum de nos concitoyens.
J’ai recherché, dans les débats sur les primaires citoyennes, démarche dont le succès démocratique a été unanimement salué, et dans ses déclarations plus récentes, quelques mots caractérisant notre candidat François HOLLANDE. Voici mon choix :
Socialiste – Démocrate – Au service du bien commun – Attentif à la dignité des plus faible – Européen – Défenseur d’une Europe Sociale – De la solidarité entre les nations européennes - Rassembleur
Autant de raisons, et j’en oublie certainement, pour lesquelles j’ai accepté de prendre la présidence du comité de soutien à François HOLLANDE.
Permettez-moi de m’arrêter un instant sur deux ou trois de ces mots :
Socialiste : la plupart d’entre nous, ici ce soir, acceptent de voir ce qualificatif accolé à leur nom. Le socialisme qui nous rassemble est une éthique : c’est le sens des autre, celui de la solidarité et de la justice.
Démocrate : la démocratie est indispensable pour faire prospérer le socialisme. Elle devrait être notre culture intransigeante, impliquant le respect du droit et des règles fixées en commun.
Europe sociale : pour nous sentir véritablement citoyen européen il convient de faire converger par le haut tous nos systèmes sociaux ( Jacques DELORS)
Avec François HOLLANDE nous allons devoir affronter une crise d’une force et d’une brutalité inouïes. Résultat de toutes les inégalités que nous avons laissé se développer, de toutes les démesures tolérées, de notre individualisme, de l’appétit immodéré d’une minorité pour l’argent. Crise dont, en France, le Président sortant est largement responsable.
Cette crise revêt au moins trois aspects:
-la crise sociale due au chômage, à l’exclusion, à la précarité, aux inégalités extrêmes
-la crise économique et financière qui touche le monde entier
-la crise écologique qui se développe vite et qui est aggravée par l’irresponsabilité des nations -incapables de s’entendre sur les efforts à faire.
Trois aspects qui sont ensemble l’expression d’une crise morale profonde de nos sociétés.
Concrètement pour nos concitoyens la crise c’est quoi :
-5.000.000 de chômeurs et précaires
-8.000.000 de pauvres dans notre pays
-des services publics à l’abandon, notamment l’éducation nationale et la santé
-un écart qui s’accroît entre les plus riches et les plus pauvres
-le droit au logement en déshérence
-des plans de rigueur qui sont, avant tout, une stratégie d’abandon de notre modèle social. Bien sûr il faut réduire la dette et cela suppose des efforts. Mais ces efforts devront être d’abord demandés à ceux qui ont été, ces dernières années, outrageusement favorisés.
Vous allez me dire, amis et camarades, que vous connaissez tout cela ; c’est vrai ! Mais le mal qui nous guette c’est la résignation, pas la vôtre bien sûr, votre présence en témoigne, mais celle de nos concitoyens. Heureusement le mouvement des « indignés » qui se développe partout dans le monde vient nous interpeller. C’est pourquoi avec François HOLLANDE, 2012 doit marquer le changement pour plus de justice, plus de dignité, plus de liberté.
Pour ma part, je suis optimiste. Si vous le voulez bien, partageons ensemble cet optimisme, à partir de quelques questions et réponses:
>François HOLLANDE est-il l’homme, le président, capable de guider la France et l’Europe vers une sortie de crise…Je réponds oui !
>Est-il capable de nous redonner confiance…je réponds oui !
>Est-il capable de parler vrai aux français et de leur faire comprendre les efforts à accomplir…je réponds oui !
>Est-il capable d’être attentif aux besoins des moins chanceux et des plus vulnérables…je réponds oui !
>Enfin pour tout responsable, plus encore pour le responsable au plus haut niveau de la France, les qualités morales sont essentielles François Hollande les a-t-il … je réponds oui !
Chers amis, chers camarades, je vous exprime ma confiance mais soyons conscient qu’il n’y a pas d’homme miracle. La sortie de crise, le choix d’un autre modèle de développement, d’une nouvelle société c’est aussi, dès aujourd’hui, notre responsabilité personnelle. A ce titre, d’abord pour gagner, ensuite pour redresser la France François HOLLANDE aura besoin de nous. Avec lui, il faut mobiliser les français autour de l’avenir : l’éducation, la recherche, la culture, la transition écologique et énergétique.
Pour être efficace prenons conscience :
-des limites de nos intérêts personnels. Nos intérêts égoïstes sont source d’inégalités, dans ce cas où est l’intérêt général ?
-des limites de l’accumulation des désirs…le toujours plus est une faute !
-des limites de la nature : on ne peut prélever indéfiniment des ressources finies.
Cela implique une transformation profonde de nos comportements.
J’ai promis d’être concis, donc je vous ai exprimé l’essentiel de mes convictions :
Jecrois vraiment que cette élection, dans le contexte de crise que nous traversons, est l’opportunité d’un nouvel état d’esprit, de la recherche de nouveaux mode de vie et de relations humaines plus vraies surtout avec les moins chanceux et les plus vulnérables.
AMOS, le berger prophète, pourfendeur des injustices, disait déjà il y a 3000ans :
Que le droit jaillisse des eaux et la justice comme un torrent intarissable
3000 ans AMOS
220 ans la révolution française et la première déclaration des droits de l’homme
1948, 63 ans déjà, déclaration universelle des droits de l’homme
2012 le combat pour les droits et la justice reste, en France et dans le monde, ô combien, d’actualité.
Chers amis, chers camarades j’en ai la conviction, il faut nous poser individuellement et collectivement la question : en avons-nous fait assez pour les droits et la justice ?
Aujourd’hui, dès ce soir, l’urgente priorité est notre engagement
et notre mobilisation militante avec François HOLLANDE.
François HOLLANDE est porteur, j’en suis sûr, de ces idées fondamentales, son horizon s’inscrit dans la durée, apportons lui tout notre soutien pour gagner : pour la France et pour l’Europe
Enfin, en raison de tout ce qui précède, c’est avec gravité que j’appelle toutes les sections et tous les militants de la circonscription de Vannes à rejoindre le comité de soutien à François HOLLANDE c’est, tout simplement, une exigence de sa part.
ANNEXE
Très concrètement, je n’oublie pas ma responsabilité de Président du comité de soutien à François HOLLANDE dans la première circonscription du Morbihan. Cette mission, je la conduis en plein accord avec la Fédération départementale du Parti Socialiste. J’ai la volonté d’animer, dans le cadre de la mission de ce comité de soutien, une campagne de proximité, proche du terrain avec je l’espère votre participation
Claude JAHIER et Simon UZENAT seront les porte-parole de notre comité.
Sur le terrain leur mission est essentielle. En ce qui me concerne, es qualité de président, je serai toujours à votre disposition et je m’efforcerai d’être disponible. Dès aujourd’hui j’invite le plus grand nombre d’entre vous à nous rejoindre. Une démocratie exigeante nous oblige à vous tenir au courant de l’expression de notre comité, de ses actions, actions que nos conduiront, si possible, avec votre participation active.
Notre zone d’intervention couvre la totalité de la circonscription : les cantons de Vannes- centre, Vannes-Est, Vannes-Ouest, Muzillac, Sarzeau.
Aidez-nous en nous indiquant les coordonnées des personnes de votre connaissance susceptibles de nous rejoindre. Nous les contacterons directement et, avec votre accord, en votre nom. Chacun d’entre-nous a la responsabilité de rechercher, de convaincre, dans chacune de nos communes des personnalités du monde associatif, économique, syndical, social et culturel.
Notre devoir, comme le souhaite François HOLLANDE, est de rassembler non seulement au sein de notre Parti, des radicaux de gauche et des sympathisants de la gauche mais aussi, bien au-delà, le maximum de nos concitoyens.
mercredi 4 janvier 2012
"Adresse aux français", par François Hollande
Investi le 22 octobre comme candidat du Parti socialiste pour l’élection présidentielle d’avril, François Hollande a livré à «Libération» son adresse aux Français.
Je suis candidat à l’élection présidentielle pour redonner à la France l’espoir qu’elle a perdu depuis trop d’années. Les Français souffrent. Ils souffrent dans leurs vies : le chômage est au plus haut parce que la croissance est au plus bas ; la hausse des prix et des taxes ampute leur pouvoir d’achat ; l’insécurité est partout ; leurs emplois s’en vont au gré des fermetures d’usines et des délocalisations industrielles ; l’école, l’hôpital sont attaqués et n’assurent plus l’égalité entre citoyens ; l’avenir semble bouché pour eux et pour leurs enfants ; la jeunesse se désespère d’être maintenue en lisière de la société. Les Français souffrent aussi dans leur âme collective : la République leur paraît méprisée dans ses valeurs comme dans le fonctionnement de ses institutions, le pacte social qui les unit est attaqué, le rayonnement de leur pays est atteint et ils voient avec colère la France abaissée, affaiblie, abîmée, «dégradée».
La dépression économique est là, l’angoisse sociale est partout, la confiance nulle part. J’affirme avec netteté où se situent les responsabilités. Certes, depuis 2008, il y a la crise. Elle est le produit de la mondialisation débridée, de l’arrogance et de la cupidité des élites financières, du libéralisme effréné, sans oublier l’incapacité des dirigeants européens à dominer la spéculation. Il y a surtout les politiques injustes et stériles menées depuis dix ans, les fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat. Il y a donc la responsabilité personnelle de celui qui est au sommet de l’Etat depuis cinq ans.
Un mandat se juge sur ses résultats, une politique sur sa cohérence, un caractère sur sa constance. Comme les choses seraient faciles si l’échec devenait une excuse, si l’expérience - même malheureuse - devenait une justification opportune de poursuivre et l’abandon des promesses, une preuve de courage ! Et pourtant, telle est l’ultime contorsion tentée par le président sortant : incapable de trouver une issue à la crise de la zone euro après seize «sommets de la dernière chance» en à peine deux ans, il voudrait qu’on lui laisse encore le temps d’y porter remède, sans qu’il nous indique - hormis la rédaction d’un nouveau traité européen - ce qui serait de nature à le voir réussir là où il a échoué. Impuissant face à la montée du chômage, le voilà qui convoque une ultime réunion avec les partenaires sociaux pour nous dire qu’il faut traiter avec plus de considération les demandeurs d’emploi. Indifférent aux creusements des inégalités après avoir multiplié les indulgences aux plus fortunés, il annonce, comme pour retrouver une soudaine vertu, qu’il taxera les transactions financières sans nous préciser quand - et comment le pourrait-il dès lors que la décision lui échappe dans son exécution ?
La mystification est grossière. Je ne la sous-estime pourtant pas. Une campagne électorale est un moment particulier, où bien des choses peuvent être dites, bien des mensonges proférés, bien des paradoxes présentés comme des vérités de bon sens. J’entends déjà les lieutenants paniqués de Nicolas Sarkozy prétendre que dans la tempête il ne serait pas sage de changer le capitaine. Ce qui prête à sourire quand le navire s’est échoué. Et bientôt, il ne lui restera plus qu’à proclamer qu’il a changé, que les événements l’ont changé, que la fonction l’a changé, que l’échec l’a changé… Posons d’ores et déjà la bonne question à ce sujet : plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président, tout simplement ?
C’est cette responsabilité qui m’incombe. Celle de permettre le changement. Un vrai changement. Ce n’est pas ici le lieu d’analyser ce qu’aura été ce quinquennat. Disons simplement que ces cinq années auront été la présidence de la parole et, lui, le président des privilégiés. Voilà la page que je veux tourner. Je mesure la difficulté de la tâche qui m’attend si vous m’accordez votre confiance. Le redressement de nos comptes publics comme celui de notre appareil productif sera long. La reconquête de notre souveraineté financière exigera des efforts considérables et surtout de la justice. Le retour de la confiance appellera une politique qui mobilisera les Français autour de l’avenir : l’éducation, la recherche, la culture, la transition énergétique et écologique.
Je sais aussi nos atouts. Nous sommes un grand pays disposant d’immenses savoir-faire, de remarquables entreprises, d’une recherche féconde, de services publics de grande qualité, d’une démographie dynamique, d’une épargne abondante, d’un attachement profond aux valeurs de la République. Nos ouvriers, nos techniciens, nos ingénieurs, nos chercheurs, nos savants, nos fonctionnaires sont parmi les meilleurs du monde. La productivité de notre travail est une des plus élevées de toutes les économies développées. Notre vie intellectuelle et artistique demeure une des plus riches et suscite toujours l’admiration des peuples.
Cent dix jours nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle. Ce scrutin interviendra dans un contexte que rarement notre pays aura connu depuis le début de la Ve République. La France a pourtant traversé bien des épreuves en un demi-siècle : des crises économiques, de graves mouvements sociaux, de véritables ruptures civiques aussi. Mais en 2012 le choix que vous aurez à faire sera décisif. Décisif, il le sera pour vous, pour vos enfants, pour l’avenir de votre patrie, pour l’Europe aussi, qui attend et espère entendre à nouveau la voix de la France, une France dont elle a besoin pour retrouver un projet et un destin.
Pour la première fois depuis longtemps dans notre histoire nationale, ce choix dépassera, et de loin, les seules questions politiques et partisanes. Comme en 1981, comme en 1958, ce qui est en jeu dans cette élection et dans le choix que feront les Français, c’est plus que la seule élection d’un président, plus que la désignation d’une majorité, plus que l’orientation d’une politique : c’est l’indispensable redressement de la Nation. Ce redressement est possible. Pour le réussir, quatre principes m’inspireront.
La vérité : je ne serai pas le président qui viendra devant vous six mois après son élection pour vous annoncer qu’il doit changer de cap, qui reniera ses promesses faisant mine de découvrir que les caisses sont vides. Les Français sont lucides, ils savent que nous aurons besoin de temps, qu’il faudra faire des efforts à condition qu’ils soient partagés ; mais ils préfèrent des engagements forts sur l’essentiel à un catalogue de propositions.
La volonté : il en faudra pour rétablir les comptes publics, pour relancer la croissance, pour soutenir les emplois. Il en faudra pour redonner confiance aux entrepreneurs, aux salariés, aux fonctionnaires, aux chercheurs. Il en faudra pour réduire les inégalités, répartir différemment les richesses. Il en faudra aussi pour réussir la transition énergétique. Il en faudra surtout pour maîtriser la finance.
La justice : la justice, c’est un impôt équitablement réparti selon les capacités de chacun. La justice, c’est une société qui ne tolère aucun privilège. La justice, c’est ne reconnaître que la seule valeur du mérite. La justice, c’est une école qui accorde la même attention à chaque enfant. La justice, ce sont des soins accessibles à tous. La justice, c’est de pouvoir vivre de son travail. La justice, c’est pouvoir profiter d’un vrai repos après des années de labeur. La justice, c’est vivre en paix et en sécurité partout. La justice, c’est une société qui fait sa place à sa jeunesse.
L’espérance : je veux retrouver le rêve français. Celui qui permet à la génération qui vient de mieux vivre que la nôtre. Celui qui transmet le flambeau du progrès à la jeunesse impatiente, celui qui donne à la Nation sa fierté d’avancer, de dépasser ses intérêts et ses catégories d’âge et de classes pour se donner un destin commun, qui nous élève et nous rassemble. Cette espérance n’est pas vaine. Elle est le fil qui renoue le récit républicain.
Je sais que beaucoup d’entre vous se demandent si notre pays a encore le choix de son destin ou s’il est condamné à appliquer un programme décidé ailleurs ou dicté par les marchés financiers. Beaucoup doutent de notre capacité collective à décider de notre avenir, et de notre liberté de nous mettre en mouvement selon nos valeurs et notre modèle social. Beaucoup s’interrogent sur la réalité de notre souveraineté. A tous ces Français, je veux dire : oui, nous pouvons, même dans une économie mondialisée, maîtriser notre destin. Nous le pouvons en comptant d’abord sur nos propres forces, et en agissant au niveau de l’Europe, à condition que celle-ci soit réorientée. Ce sera une des responsabilités principales du prochain chef de l’Etat. Nous sommes capables de nous dépasser chaque fois que nous nous mobilisons sur une cause qui nous rend fiers. La France est un grand peuple, capable du meilleur s’il retrouve la confiance en lui, la confiance en l’Etat et en celui qui l’incarne.
Je veux aussi combattre ce scepticisme qui mine la démocratie, lever ce doute qui ronge les esprits quant à notre capacité à vivre ensemble. Je veux rappeler que la gauche et la droite, ce n’est pas la même chose. Il peut y avoir des défis incontournables. Il n’y a jamais une seule politique possible pour les relever. Le prétendre est un leurre ; pire, un mensonge. L’élection présidentielle qui vient sera le moment de la confrontation démocratique, celles des idées, des projets, des visions de la France et de l’Europe, des femmes et des hommes aussi. Je n’ignore rien des tentations d’électeurs souvent issus des classes populaires pour l’extrême droite. Ma campagne sera aussi tournée vers eux. Je leur parlerai net. J’entends leur colère et leur désarroi. Et je leur démontrerai que l’extrémisme, outre qu’il n’apporterait aucune solution à leurs difficultés, n’est pas digne des valeurs de notre pays. Plus que l’irréalisme des positions économiques du Front national ou l’illusion d’un repli derrière des barrières devenues des barbelés, c’est la violence sociale et la vindicte ethniciste qui menaceraient la République. C’est un des enjeux de ce scrutin.
Enfin, je respecte profondément toutes les candidatures de la gauche comme celle des écologistes. Elles peuvent marquer des orientations, affirmer des exigences, ouvrir des alternatives, susciter des débats, mais ce n’est pas faire preuve d’une quelconque prétention hégémonique que de penser qu’il sera difficile pour l’une d’entre elles d’être présente au second tour. Dès lors, il me revient d’incarner l’alternance et de permettre le changement. Rien n’est acquis. Beaucoup va dépendre de la gauche, de son esprit de responsabilité, de son courage, de sa cohérence, de son audace. Mais aussi de la force de ma propre candidature. J’aurai à affronter la droite accrochée à son pouvoir et liée aux puissances de l’argent, je resterai proche de vous pour porter une grande ambition collective : celle de renouer avec l’esprit de justice et l’idée de progrès.
Comme il y a trente et un ans, avec François Mitterrand, si nous savons nous en montrer dignes c’est vers nous que les Français vont se tourner le printemps prochain. C’est vers moi qu’ils porteront leurs suffrages et leur confiance, c’est à moi qu’ils confieront la responsabilité de diriger le pays. J’y suis prêt.
vendredi 16 décembre 2011
samedi 26 novembre 2011
Une simple question de chronologie....
Le vendredi 4 novembre, le Conseil fédéral de la fédération du Morbihan du Parti socialiste se réunit à Lorient, afin de définir quelles circonscriptions parmi les six seront réservées à Europe-Ecologie (selon les accords nationaux PS/EE) ou à des candidatures féminines (parité oblige). Celle de Ploermel est évoquée pour EE et celles d'Auray et de Vannes pour l'application de la parité.
A la demande de certains membres du Conseil, et notamment de représentants de la section de Vannes, il est décidé de surseoir aux décisions, afin de laisser les militants des sections s'exprimer, donner leur avis.
Les décisions seront prises le 17 novembre.
Le mardi 8 novembre :
La section de Vannes, après un débat de deux heures, vote par 75% des militants présents une motion demandant que la 1ère circonscription du Morbihan (Vannes) reste une circonscription "ouverte" à toutes candidatures, masculines ou féminines.
La motion est transmise à la Fédération.
Si la circonscription restait "ouverte", il y aurait selon toute vraisemblance, à ce moment là, trois candidatures masculines, éventuelles ou plus affirmées : Hervé Pellois et, dans un légitime souci de renouvellement, Maxime Picard et Simon Uzenat.
Les militants feraient connaître leur choix par un vote au cours de "primaires locales" le 1er décembre.
Le jeudi 17 novembre un deuxième Conseil fédéral décide, par 17 voix contre 11, de réserver la circonscription de Vannes, ainsi que celle d' Auray, à une femme. Un appel à candidature est lancé, avec dépôt du 18 au 21 novembre.
La circonscription de Ploërmel est réservée à Europe-Ecologie-Les Verts.
Les partisans d'une circonscription ouverte n'ont donc pas réussi à convaincre les instances fédérales. Ils en prennent bonne note, et se rangent en bons démocrates à la décision majoritaire.
Le vendredi 18 novembre :
Une militante de la section de Vannes, conseillère municipale de Vannes, Claude Jahier, décide de se porter candidate, avec Simon Uzenat comme suppléant. Tous les deux déposent leur candidature à la candidature auprès de la Fédération et des instances nationales.
Le mardi 22 novembre le bureau national du PS enregistre cette candidature à la candidature. Les circonstances (parité, délais à respecter) étant ce qu'elles sont il ne pourra pas y en avoir d'autres.
Les militants de la 1ère circonscription devront néanmoins voter dans les sections le 1er décembre, après une assemblée générale de circonscription le 28 novembre.
Voilà où nous en sommes. Tout est bien clair ; les règles démocratiques et internes au PS ont été respectées tout au long de la démarche. De quoi peut-on s'offusquer ?
Jacques Delarue, chargé de communication de la section de Vannes (lettre et blog)
A la demande de certains membres du Conseil, et notamment de représentants de la section de Vannes, il est décidé de surseoir aux décisions, afin de laisser les militants des sections s'exprimer, donner leur avis.
Les décisions seront prises le 17 novembre.
Le mardi 8 novembre :
La section de Vannes, après un débat de deux heures, vote par 75% des militants présents une motion demandant que la 1ère circonscription du Morbihan (Vannes) reste une circonscription "ouverte" à toutes candidatures, masculines ou féminines.
La motion est transmise à la Fédération.
Si la circonscription restait "ouverte", il y aurait selon toute vraisemblance, à ce moment là, trois candidatures masculines, éventuelles ou plus affirmées : Hervé Pellois et, dans un légitime souci de renouvellement, Maxime Picard et Simon Uzenat.
Les militants feraient connaître leur choix par un vote au cours de "primaires locales" le 1er décembre.
Le jeudi 17 novembre un deuxième Conseil fédéral décide, par 17 voix contre 11, de réserver la circonscription de Vannes, ainsi que celle d' Auray, à une femme. Un appel à candidature est lancé, avec dépôt du 18 au 21 novembre.
La circonscription de Ploërmel est réservée à Europe-Ecologie-Les Verts.
Les partisans d'une circonscription ouverte n'ont donc pas réussi à convaincre les instances fédérales. Ils en prennent bonne note, et se rangent en bons démocrates à la décision majoritaire.
Le vendredi 18 novembre :
Une militante de la section de Vannes, conseillère municipale de Vannes, Claude Jahier, décide de se porter candidate, avec Simon Uzenat comme suppléant. Tous les deux déposent leur candidature à la candidature auprès de la Fédération et des instances nationales.
Le mardi 22 novembre le bureau national du PS enregistre cette candidature à la candidature. Les circonstances (parité, délais à respecter) étant ce qu'elles sont il ne pourra pas y en avoir d'autres.
Les militants de la 1ère circonscription devront néanmoins voter dans les sections le 1er décembre, après une assemblée générale de circonscription le 28 novembre.
Voilà où nous en sommes. Tout est bien clair ; les règles démocratiques et internes au PS ont été respectées tout au long de la démarche. De quoi peut-on s'offusquer ?
Jacques Delarue, chargé de communication de la section de Vannes (lettre et blog)
vendredi 25 novembre 2011
Portrait d'une militante : Claude Jahier
Ce portrait est paru dans la lettre d'information n°23 du 1er octobre 2010.
Je suis née en 1941 à Clermont- Ferrand, mais tout à fait par hasard, je me sens plus d’origine tourangelle, pour être arrivée à Tours à l’âge de 2 ans, cadette de trois enfants dans une famille sans histoire particulière. Mon père était fonctionnaire civil dans l'aviation, maman mère au foyer. Mon père a toujours été militant politique de gauche, à la SFIO, et syndicaliste à FO. Je crois qu'il était un délégué syndical assez actif.
Ma mère ne s'intéressait guère à la politique.
Je me rappelle, quand j'étais gamine, m'être régalée de la lecture du Populaire; cela m'intéressait... Donc je savais ce qu'était le militantisme.
C'était l'époque où les femmes se mettaient à travailler.
J'avais le bac, je suis rentrée dans l'enseignement comme institutrice "remplaçante" en région parisienne qui était alors déficitaire. On m'avait proposé de faire une formation de PEGC. Mais j'ai opté pour les classes maternelles. Sans aucune préparation ni formation, cela me paraissait difficile ; je ne pensais pas pouvoir y rester très longtemps, et j'y ai fait une grande part de mon parcours !
En 1966, j'avais 25 ans, un petit garçon de deux ans, mon mari est décédé.
J'ai voulu changer de région, je suis revenue en Touraine, où j'avais fait mes études. Plus tard, pour échapper à la routine, que je déteste, j'ai fait un stage de préparation aux classes de transition ; j'avais toujours eu envie de m'occuper de gens en difficulté. Le stage terminé je suis venue sur Orléans où j'ai fait un peu de classe de transition. Cela me plaisait mais diverses raisons m'ont décidée à revenir en maternelle.
Alors une amie m'a entraînée dans des études de psycho. Elle m'a laissé tomber à la première année de DEUG... Moi, ça me plaisait, j'ai continué. J'ai alors entendu parler des psychologues scolaires; parallèlement au stage de psychologue scolaire j'ai fait les études de psycho, licence, maîtrise, DESS. Et j'ai adopté cette profession, pendant 17 ans. En maternelle j'étais syndiquée mais sans militer plus que cela. A partir du moment où j'ai intégré cette nouvelle fonction, j'ai beaucoup milité. J'ai été pendant une bonne dizaine d'années Secrétaire générale du syndicat des psychologues de l'Education Nationale,(SNPsyEN) à la FEN.
Je militais pour la reconnaissance de cette profession.
J'ai pris ma retraite en 1998, bien déçue de n'avoir pas abouti au résultat recherché.
Maintenant la situation de cette profession se dégrade de plus en plus; je crois qu'on attend qu'elle meure de sa belle mort, par extinction progressive.…
Et la politique dans tout cela ?
J'ai toujours voté à gauche; j'ai toujours été tentée par un engagement politique. Mais je me sentais "électron libre"; je n'avais pas envie de m'engager dans un parti, je craignais d'être contrainte de "suivre une ligne". Cela ne m'empêchait pas de travailler avec Jean-Pierre Sueur, député-maire socialiste d'Orléans...
Après avoir pris ma retraite je suis restée une année sans rien faire ! Je me suis vite rendu compte que je perdais pied dans la société. Je me suis alors engagée dans une Association familiale laïque. Tant et si bien que je suis maintenant Secrétaire générale du conseil national des associations familiales laïques (CNAFAL), sur Paris !
Je suis également administratrice aux pupilles de l'enseignement public (PEP), coordonnatrice régionale du secteur médico-social des PEP.
La défense de la laïcité, du service public, a toujours été pour moi un combat très important.
Pourquoi le Parti Socialiste ?
Je tournais toujours autour. Déjà à Orléans j'avais eu envie de m'engager et je n'avais pas franchi le pas. En fait mon engagement politique militant date de six ans, depuis que je suis à Vannes. J'ai été très bien accueillie dans la section.
Lorsque sont arrivées les municipales de 2008, j'ai été très surprise d'être sollicitée par Nicolas. Je me suis dit : "Après tout, pourquoi pas ?"
Je me suis retrouvée conseillère municipale. Je trouve cela vraiment intéressant.
J'ai toujours été un peu contestataire et aborder la vie municipale dans la minorité, même si c'est frustrant, fait que je ne me sens pas si mal que ça dans l'opposition.
Certes on est marginalisés, et de plus en plus. Au début du mandat j'avais l'impression que le maire tenait un petit peu compte de nous, montrait une certaine écoute. Mais depuis environ un an, ce n'est plus le cas. Il y a des tas de manifestations auxquelles il ne nous invite plus. Les dossiers nous sont communiqués tard. Tout est décidé à l'avance, en petit comité, aux réunions de municipalité en général le vendredi.
Les commissions, quand elles se réunissent, ne servent à rien ; ce sont les services qui nous font part de ce qui a été décidé, de ce qui s'est fait. On n'a aucune possibilité de discussion sur l'orientation politique.
Notre seul "pouvoir" c'est d'intervenir, de donner notre avis, en conseil municipal.
Je regrette vivement qu'il y ait si peu de public lors des séances du conseil municipal....
En ce qui concerne le PS national, je n'étais pas, au départ, pour Martine Aubry. Les "histoires" du Congrès de Reims m'avaient un peu déstabilisée. Mais je dois dire que son action en tant que première secrétaire me paraît plutôt positive.
Je souhaiterais cependant un PS plus offensif par rapport aux politiques menées.
Il y a encore des progrès à faire.
Le PS sera-t-il capable de présenter un programme suffisamment clair, lisible par tout le monde, sur des bases susceptibles de rassembler la gauche ? C'est ce que moi, militante de base, je souhaite et j'espère.
Ce pouvoir est en train de liquider tout ce que nos parents et grands-parents avaient conquis de haute lutte, en particulier avec le programme du Conseil National de la Résistance en 1945. La sécu, l'école, les retraites .… tout y passe.
Cela ne pourra pas durer cinq de plus ! Dans quel état serait la France ?
Nous n’avons pas le choix, il faut gagner en 2012 !
Je suis née en 1941 à Clermont- Ferrand, mais tout à fait par hasard, je me sens plus d’origine tourangelle, pour être arrivée à Tours à l’âge de 2 ans, cadette de trois enfants dans une famille sans histoire particulière. Mon père était fonctionnaire civil dans l'aviation, maman mère au foyer. Mon père a toujours été militant politique de gauche, à la SFIO, et syndicaliste à FO. Je crois qu'il était un délégué syndical assez actif.
Ma mère ne s'intéressait guère à la politique.
Je me rappelle, quand j'étais gamine, m'être régalée de la lecture du Populaire; cela m'intéressait... Donc je savais ce qu'était le militantisme.
C'était l'époque où les femmes se mettaient à travailler.
J'avais le bac, je suis rentrée dans l'enseignement comme institutrice "remplaçante" en région parisienne qui était alors déficitaire. On m'avait proposé de faire une formation de PEGC. Mais j'ai opté pour les classes maternelles. Sans aucune préparation ni formation, cela me paraissait difficile ; je ne pensais pas pouvoir y rester très longtemps, et j'y ai fait une grande part de mon parcours !
En 1966, j'avais 25 ans, un petit garçon de deux ans, mon mari est décédé.
J'ai voulu changer de région, je suis revenue en Touraine, où j'avais fait mes études. Plus tard, pour échapper à la routine, que je déteste, j'ai fait un stage de préparation aux classes de transition ; j'avais toujours eu envie de m'occuper de gens en difficulté. Le stage terminé je suis venue sur Orléans où j'ai fait un peu de classe de transition. Cela me plaisait mais diverses raisons m'ont décidée à revenir en maternelle.
Alors une amie m'a entraînée dans des études de psycho. Elle m'a laissé tomber à la première année de DEUG... Moi, ça me plaisait, j'ai continué. J'ai alors entendu parler des psychologues scolaires; parallèlement au stage de psychologue scolaire j'ai fait les études de psycho, licence, maîtrise, DESS. Et j'ai adopté cette profession, pendant 17 ans. En maternelle j'étais syndiquée mais sans militer plus que cela. A partir du moment où j'ai intégré cette nouvelle fonction, j'ai beaucoup milité. J'ai été pendant une bonne dizaine d'années Secrétaire générale du syndicat des psychologues de l'Education Nationale,(SNPsyEN) à la FEN.
Je militais pour la reconnaissance de cette profession.
J'ai pris ma retraite en 1998, bien déçue de n'avoir pas abouti au résultat recherché.
Maintenant la situation de cette profession se dégrade de plus en plus; je crois qu'on attend qu'elle meure de sa belle mort, par extinction progressive.…
Et la politique dans tout cela ?
J'ai toujours voté à gauche; j'ai toujours été tentée par un engagement politique. Mais je me sentais "électron libre"; je n'avais pas envie de m'engager dans un parti, je craignais d'être contrainte de "suivre une ligne". Cela ne m'empêchait pas de travailler avec Jean-Pierre Sueur, député-maire socialiste d'Orléans...
Après avoir pris ma retraite je suis restée une année sans rien faire ! Je me suis vite rendu compte que je perdais pied dans la société. Je me suis alors engagée dans une Association familiale laïque. Tant et si bien que je suis maintenant Secrétaire générale du conseil national des associations familiales laïques (CNAFAL), sur Paris !
Je suis également administratrice aux pupilles de l'enseignement public (PEP), coordonnatrice régionale du secteur médico-social des PEP.
La défense de la laïcité, du service public, a toujours été pour moi un combat très important.
Pourquoi le Parti Socialiste ?
Je tournais toujours autour. Déjà à Orléans j'avais eu envie de m'engager et je n'avais pas franchi le pas. En fait mon engagement politique militant date de six ans, depuis que je suis à Vannes. J'ai été très bien accueillie dans la section.
Lorsque sont arrivées les municipales de 2008, j'ai été très surprise d'être sollicitée par Nicolas. Je me suis dit : "Après tout, pourquoi pas ?"
Je me suis retrouvée conseillère municipale. Je trouve cela vraiment intéressant.
J'ai toujours été un peu contestataire et aborder la vie municipale dans la minorité, même si c'est frustrant, fait que je ne me sens pas si mal que ça dans l'opposition.
Certes on est marginalisés, et de plus en plus. Au début du mandat j'avais l'impression que le maire tenait un petit peu compte de nous, montrait une certaine écoute. Mais depuis environ un an, ce n'est plus le cas. Il y a des tas de manifestations auxquelles il ne nous invite plus. Les dossiers nous sont communiqués tard. Tout est décidé à l'avance, en petit comité, aux réunions de municipalité en général le vendredi.
Les commissions, quand elles se réunissent, ne servent à rien ; ce sont les services qui nous font part de ce qui a été décidé, de ce qui s'est fait. On n'a aucune possibilité de discussion sur l'orientation politique.
Notre seul "pouvoir" c'est d'intervenir, de donner notre avis, en conseil municipal.
Je regrette vivement qu'il y ait si peu de public lors des séances du conseil municipal....
En ce qui concerne le PS national, je n'étais pas, au départ, pour Martine Aubry. Les "histoires" du Congrès de Reims m'avaient un peu déstabilisée. Mais je dois dire que son action en tant que première secrétaire me paraît plutôt positive.
Je souhaiterais cependant un PS plus offensif par rapport aux politiques menées.
Il y a encore des progrès à faire.
Le PS sera-t-il capable de présenter un programme suffisamment clair, lisible par tout le monde, sur des bases susceptibles de rassembler la gauche ? C'est ce que moi, militante de base, je souhaite et j'espère.
Ce pouvoir est en train de liquider tout ce que nos parents et grands-parents avaient conquis de haute lutte, en particulier avec le programme du Conseil National de la Résistance en 1945. La sécu, l'école, les retraites .… tout y passe.
Cela ne pourra pas durer cinq de plus ! Dans quel état serait la France ?
Nous n’avons pas le choix, il faut gagner en 2012 !
mercredi 23 novembre 2011
Un "capitalisme du désastre" est-il en train de triompher ?
En 2008 les éditions Leméac/Actes Sud publiaient la traduction française d'un gros ouvrage de presque 700 pages : "La stratégie du choc", sous titré "La montée d'un capitalisme du désastre", de Naomi Klein, de nationalité canadienne.
Dans cet ouvrage Naomi Klein dénonce "l'existence d'opérations concertées dans le but d'assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d'un ultra-libéralisme tout puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation" (1)
Ce capitalisme a pris son essor à partir de ce qui a été appelé "l'école de Chicago", avec Milton Friedman (1922-2006), dans les années cinquante. Cet économiste a conseillé les Présidents des USA, des ministres britanniques, des oligarques russes, des dictateurs du tiers-monde.
Une idée force l'anime : en cas de crise saisir l'occasion pour imposer des chocs ultra-libéraux rapides et irréversibles à la société éprouvée .
La crise sert en quelque sorte de catalyseur au changement néo-libéral.
Naomi Klein illustre son propos de nombreux exemples : l'après coup d'état de Pinochet au Chili en 1973 , la faillite argentine en 1983, le tsunami du Sri Lanka en 2004, l'ouragan Katrina à la Nouvelle Orléans en 2005.
Les catastrophes naturelles offrent un cadre de choix à ces bons docteurs néo-libéraux.
Un exemple : le tsunami rase la plage, détruit les cabanes de pêcheurs, les huttes, les bungalows. La zone devient interdite aux pêcheurs et permet une "reconstruction" de complexes touristiques selon un projet élaboré par la Banque mondiale deux ans avant le tsunami.
Mais en cas de besoin des méthodes brutales peuvent être utilisées : arrestations, tortures, disparitions lors du coup d'état au Chili, interdiction de l'opposition et arrestation des syndicalistes en Bolivie en 1985 avec Jeffreys Sachs (Economiste-Harvard) comme conseiller du dictateur Banzer...
Un climat de terreur favorise les "réformes", en assommant toute opposition.
Les crises, qu'elles soient naturelles, financières, économiques, politiques, donnent l'opportunité d'appliquer les remèdes des "Chicago-boys" :
-réduction des impôts, accroissement de la dette des états par rapport aux banques
-libéralisation des échanges commerciaux
-privatisation de l'exploitation des richesses naturelles
-privatisation des services : santé , école, sécurité....
-diminution des dépenses sociales , des retraites etc..
Tout cela évoque ce qui se passe actuellement en Europe sur un mode heureusement moins dramatique (quoique...).
La crise est d'abord financière, née aux USA, due aux comportements aberrants des banques d'affaires, à leurs spéculations effrénées, aux agissements fous des traders. La dérégulation générale a permis ces excès de la finance internationale.
S'ensuit une crise économique puis sociale majeure, la pire depuis 45 selon Angela Merkel.
Les états s'endettent encore plus, leurs déficits explosent.
Les banques américaines, en particulier Goldman Sachs "ont couvert les trucages, les manipulations, les errements qui se trouvent aujourd'hui au coeur de la crise européenne [...], les mêmes banques qui aujourd'hui spéculent contre les états européens et l'euro" (2)
Des plans de rigueur sont mis en oeuvre, présentés comme inéluctables, prétextes à la régression sociale, au démantèlement des services publics, aux privatisations juteuses...
"Profiter de la crise pour imposer une dose supplémentaire de néolibéralisme" (3), tel est le programme....
Des pays se retrouvent sous la tutelle d'organismes internationaux ultra-libéraux, comme le FMI.
Les plans de rigueur provoquent la colère des citoyens et amènent des chambardements politiques (Grèce, Italie, Espagne où la droite la plus réactionnaire est revenue en force...)
Pour faire face aux difficultés, des gouvernements d'experts, d'eurocrates, de technocrates , sont mis en place sans recourir aux urnes. "La démocratie est mise entre parenthèse" (2)
Qui sont ces hommes nouveaux, qu'on dit "sérieux et compétents " (3) ?
Ils sont tous plus ou moins liés à la banque américaine Goldman Sachs, qui s'est implantée en Europe à partir de 1986, lors de la libéralisation totale de la City de Londres, sous Mme Tatcher.
Pour constituer ses réseaux, Goldman Sachs "apôtre du capitalisme de relations" (3) vise en priorité les présidents des banques centrales ou les ex-commissaires européens.
Tous ces ex, discrets, "bavardent de choses et d'autres", "sentent le vent" "et recueillent des informations exclusives pour les salles de marché de la banque" (3).
"Des représentants français de l'élite financière mondiale sont déjà conseillers de l'UMP ."(3)
En attendant mieux ?
"La franc-maçonnerie européenne de Goldman Sachs" (3) comme le titre Le Monde.
-Mario Draghi, diplômé du MIT*, le nouveau président de la Banque centrale européenne a été Vice-Président de Goldman Sachs International pour l'Europe entre 2002 et 2005, "en charge des entreprises et des pays souverains, le département qui avait, peu avant son arrivée, aidé la Grèce à maquiller ses comptes. grâce au produit "swap" sur la dette souveraine" (3).
Auparavant Mario Draghi a été le directeur général du ministère italien des finances.
-Mario Monti :
> Commissaire européen chargé de la concurrence de 1999 à 2004, "ayant droit de vie et de mort sur les grandes manoeuvres des fusions-acquisitions orchestrées par les plus grandes banques internationales" (2)
> Conseiller international de Goldman Sachs de 2005 à 2011. Sa "tâche consistait à servir d'entremetteur afin de pénétrer au coeur du pouvoir européen pour défendre les intérêts de la banque." (3)
> En 2010 le président de la commission européenne, José Manuel Barroso lui confie une mission sur un nouvel approfondissement du marché unique.
Mario Monti propose :
-d'accélérer le marché unique
-d'accentuer la mobilité des citoyens
-d'aligner fiscalité et protection sociale. On devine dans quel sens se feront les alignements puisqu'ils devront "rassurer les marchés" (2). C'est tout dire !
> Désigné en novembre 2011 Président du Conseil italien , ministre de l'économie, dans un gouvernement de 17 ministres tous technocrates sauf un qui est banquier.
-Loucas Papademos, économiste, diplômé du MIT*, le nouveau premier ministre grec a été gouverneur de la banque centrale de Grèce de 1994 à 2002, puis vice-président de la banque centrale européenne. "Durant cette période sa principale mission a été d'organiser la transition entre la drachme et l'euro . A ce titre il avait une connaissance parfaite de la situation financière de la grèce. Il savait qu'elle ne respectait pas les critères exigés par l'Europe" (2)
"Il a joué un rôle non élucidé dans l'opération de maquillage des comptes publics perpétrée avec l'aide de Goldman Sachs" (3)
Sous l'impulsion d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, les hommes de Goldman Sachs se retrouvent donc au pouvoir pour "gérer" la crise financière de pays européens, "rassurer" les agences de notation et les marchés , c'est à dire faire avaler des plans de rigueur et de nouveaux sacrifices à des citoyens déboussolés, assommés par une situation dont ils ne sont pas responsables.
Ayant "participé à [ la désorganisation d'] un ancien monde peuvent-ils être ceux qui en imaginent un nouveau ?" (2) On peut craindre le pire !
Les "replâtrages" actuels ne résoudront rien. Ils ne feront qu'aggraver la crise économique. Il faut maintenant tout mettre à plat et "élaborer une stratégie budgétaire de long terme" (3)
* MIT : Massachusetts Institute of Technology, de Boston
Sources :
- "La stratégie du choc" de Naomi Klein , 2008, Leméac/Actes sud - Citations 1
- Dossier Médiapart, ""Les hommes de Goldman Sachs", par Martine Orange, le 16 novembre 2011- Citations 2
- La "franc-maçonnerie européenne de Goldman Sachs", par Marc Roche dans le Monde du mercredi 16 novembre 2011, et "Don Quichotte et le moulin à notes" par Philippe Askenasy du Monde- Economie du 22 novembre. Citations 3
Dans cet ouvrage Naomi Klein dénonce "l'existence d'opérations concertées dans le but d'assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d'un ultra-libéralisme tout puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation" (1)
Ce capitalisme a pris son essor à partir de ce qui a été appelé "l'école de Chicago", avec Milton Friedman (1922-2006), dans les années cinquante. Cet économiste a conseillé les Présidents des USA, des ministres britanniques, des oligarques russes, des dictateurs du tiers-monde.
Une idée force l'anime : en cas de crise saisir l'occasion pour imposer des chocs ultra-libéraux rapides et irréversibles à la société éprouvée .
La crise sert en quelque sorte de catalyseur au changement néo-libéral.
Naomi Klein illustre son propos de nombreux exemples : l'après coup d'état de Pinochet au Chili en 1973 , la faillite argentine en 1983, le tsunami du Sri Lanka en 2004, l'ouragan Katrina à la Nouvelle Orléans en 2005.
Les catastrophes naturelles offrent un cadre de choix à ces bons docteurs néo-libéraux.
Un exemple : le tsunami rase la plage, détruit les cabanes de pêcheurs, les huttes, les bungalows. La zone devient interdite aux pêcheurs et permet une "reconstruction" de complexes touristiques selon un projet élaboré par la Banque mondiale deux ans avant le tsunami.
Mais en cas de besoin des méthodes brutales peuvent être utilisées : arrestations, tortures, disparitions lors du coup d'état au Chili, interdiction de l'opposition et arrestation des syndicalistes en Bolivie en 1985 avec Jeffreys Sachs (Economiste-Harvard) comme conseiller du dictateur Banzer...
Un climat de terreur favorise les "réformes", en assommant toute opposition.
Les crises, qu'elles soient naturelles, financières, économiques, politiques, donnent l'opportunité d'appliquer les remèdes des "Chicago-boys" :
-réduction des impôts, accroissement de la dette des états par rapport aux banques
-libéralisation des échanges commerciaux
-privatisation de l'exploitation des richesses naturelles
-privatisation des services : santé , école, sécurité....
-diminution des dépenses sociales , des retraites etc..
Tout cela évoque ce qui se passe actuellement en Europe sur un mode heureusement moins dramatique (quoique...).
La crise est d'abord financière, née aux USA, due aux comportements aberrants des banques d'affaires, à leurs spéculations effrénées, aux agissements fous des traders. La dérégulation générale a permis ces excès de la finance internationale.
S'ensuit une crise économique puis sociale majeure, la pire depuis 45 selon Angela Merkel.
Les états s'endettent encore plus, leurs déficits explosent.
Les banques américaines, en particulier Goldman Sachs "ont couvert les trucages, les manipulations, les errements qui se trouvent aujourd'hui au coeur de la crise européenne [...], les mêmes banques qui aujourd'hui spéculent contre les états européens et l'euro" (2)
Des plans de rigueur sont mis en oeuvre, présentés comme inéluctables, prétextes à la régression sociale, au démantèlement des services publics, aux privatisations juteuses...
"Profiter de la crise pour imposer une dose supplémentaire de néolibéralisme" (3), tel est le programme....
Des pays se retrouvent sous la tutelle d'organismes internationaux ultra-libéraux, comme le FMI.
Les plans de rigueur provoquent la colère des citoyens et amènent des chambardements politiques (Grèce, Italie, Espagne où la droite la plus réactionnaire est revenue en force...)
Pour faire face aux difficultés, des gouvernements d'experts, d'eurocrates, de technocrates , sont mis en place sans recourir aux urnes. "La démocratie est mise entre parenthèse" (2)
Qui sont ces hommes nouveaux, qu'on dit "sérieux et compétents " (3) ?
Ils sont tous plus ou moins liés à la banque américaine Goldman Sachs, qui s'est implantée en Europe à partir de 1986, lors de la libéralisation totale de la City de Londres, sous Mme Tatcher.
Pour constituer ses réseaux, Goldman Sachs "apôtre du capitalisme de relations" (3) vise en priorité les présidents des banques centrales ou les ex-commissaires européens.
Tous ces ex, discrets, "bavardent de choses et d'autres", "sentent le vent" "et recueillent des informations exclusives pour les salles de marché de la banque" (3).
"Des représentants français de l'élite financière mondiale sont déjà conseillers de l'UMP ."(3)
En attendant mieux ?
"La franc-maçonnerie européenne de Goldman Sachs" (3) comme le titre Le Monde.
-Mario Draghi, diplômé du MIT*, le nouveau président de la Banque centrale européenne a été Vice-Président de Goldman Sachs International pour l'Europe entre 2002 et 2005, "en charge des entreprises et des pays souverains, le département qui avait, peu avant son arrivée, aidé la Grèce à maquiller ses comptes. grâce au produit "swap" sur la dette souveraine" (3).
Auparavant Mario Draghi a été le directeur général du ministère italien des finances.
-Mario Monti :
> Commissaire européen chargé de la concurrence de 1999 à 2004, "ayant droit de vie et de mort sur les grandes manoeuvres des fusions-acquisitions orchestrées par les plus grandes banques internationales" (2)
> Conseiller international de Goldman Sachs de 2005 à 2011. Sa "tâche consistait à servir d'entremetteur afin de pénétrer au coeur du pouvoir européen pour défendre les intérêts de la banque." (3)
> En 2010 le président de la commission européenne, José Manuel Barroso lui confie une mission sur un nouvel approfondissement du marché unique.
Mario Monti propose :
-d'accélérer le marché unique
-d'accentuer la mobilité des citoyens
-d'aligner fiscalité et protection sociale. On devine dans quel sens se feront les alignements puisqu'ils devront "rassurer les marchés" (2). C'est tout dire !
> Désigné en novembre 2011 Président du Conseil italien , ministre de l'économie, dans un gouvernement de 17 ministres tous technocrates sauf un qui est banquier.
-Loucas Papademos, économiste, diplômé du MIT*, le nouveau premier ministre grec a été gouverneur de la banque centrale de Grèce de 1994 à 2002, puis vice-président de la banque centrale européenne. "Durant cette période sa principale mission a été d'organiser la transition entre la drachme et l'euro . A ce titre il avait une connaissance parfaite de la situation financière de la grèce. Il savait qu'elle ne respectait pas les critères exigés par l'Europe" (2)
"Il a joué un rôle non élucidé dans l'opération de maquillage des comptes publics perpétrée avec l'aide de Goldman Sachs" (3)
Sous l'impulsion d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, les hommes de Goldman Sachs se retrouvent donc au pouvoir pour "gérer" la crise financière de pays européens, "rassurer" les agences de notation et les marchés , c'est à dire faire avaler des plans de rigueur et de nouveaux sacrifices à des citoyens déboussolés, assommés par une situation dont ils ne sont pas responsables.
Ayant "participé à [ la désorganisation d'] un ancien monde peuvent-ils être ceux qui en imaginent un nouveau ?" (2) On peut craindre le pire !
Les "replâtrages" actuels ne résoudront rien. Ils ne feront qu'aggraver la crise économique. Il faut maintenant tout mettre à plat et "élaborer une stratégie budgétaire de long terme" (3)
* MIT : Massachusetts Institute of Technology, de Boston
Sources :
- "La stratégie du choc" de Naomi Klein , 2008, Leméac/Actes sud - Citations 1
- Dossier Médiapart, ""Les hommes de Goldman Sachs", par Martine Orange, le 16 novembre 2011- Citations 2
- La "franc-maçonnerie européenne de Goldman Sachs", par Marc Roche dans le Monde du mercredi 16 novembre 2011, et "Don Quichotte et le moulin à notes" par Philippe Askenasy du Monde- Economie du 22 novembre. Citations 3
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