Ce portrait est paru dans la lettre d'information n°23 du 1er octobre 2010.
Je suis née en 1941 à Clermont- Ferrand, mais tout à fait par hasard, je me sens plus d’origine tourangelle, pour être arrivée à Tours à l’âge de 2 ans, cadette de trois enfants dans une famille sans histoire particulière. Mon père était fonctionnaire civil dans l'aviation, maman mère au foyer. Mon père a toujours été militant politique de gauche, à la SFIO, et syndicaliste à FO. Je crois qu'il était un délégué syndical assez actif.
Ma mère ne s'intéressait guère à la politique.
Je me rappelle, quand j'étais gamine, m'être régalée de la lecture du Populaire; cela m'intéressait... Donc je savais ce qu'était le militantisme.
C'était l'époque où les femmes se mettaient à travailler.
J'avais le bac, je suis rentrée dans l'enseignement comme institutrice "remplaçante" en région parisienne qui était alors déficitaire. On m'avait proposé de faire une formation de PEGC. Mais j'ai opté pour les classes maternelles. Sans aucune préparation ni formation, cela me paraissait difficile ; je ne pensais pas pouvoir y rester très longtemps, et j'y ai fait une grande part de mon parcours !
En 1966, j'avais 25 ans, un petit garçon de deux ans, mon mari est décédé.
J'ai voulu changer de région, je suis revenue en Touraine, où j'avais fait mes études. Plus tard, pour échapper à la routine, que je déteste, j'ai fait un stage de préparation aux classes de transition ; j'avais toujours eu envie de m'occuper de gens en difficulté. Le stage terminé je suis venue sur Orléans où j'ai fait un peu de classe de transition. Cela me plaisait mais diverses raisons m'ont décidée à revenir en maternelle.
Alors une amie m'a entraînée dans des études de psycho. Elle m'a laissé tomber à la première année de DEUG... Moi, ça me plaisait, j'ai continué. J'ai alors entendu parler des psychologues scolaires; parallèlement au stage de psychologue scolaire j'ai fait les études de psycho, licence, maîtrise, DESS. Et j'ai adopté cette profession, pendant 17 ans. En maternelle j'étais syndiquée mais sans militer plus que cela. A partir du moment où j'ai intégré cette nouvelle fonction, j'ai beaucoup milité. J'ai été pendant une bonne dizaine d'années Secrétaire générale du syndicat des psychologues de l'Education Nationale,(SNPsyEN) à la FEN.
Je militais pour la reconnaissance de cette profession.
J'ai pris ma retraite en 1998, bien déçue de n'avoir pas abouti au résultat recherché.
Maintenant la situation de cette profession se dégrade de plus en plus; je crois qu'on attend qu'elle meure de sa belle mort, par extinction progressive.…
Et la politique dans tout cela ?
J'ai toujours voté à gauche; j'ai toujours été tentée par un engagement politique. Mais je me sentais "électron libre"; je n'avais pas envie de m'engager dans un parti, je craignais d'être contrainte de "suivre une ligne". Cela ne m'empêchait pas de travailler avec Jean-Pierre Sueur, député-maire socialiste d'Orléans...
Après avoir pris ma retraite je suis restée une année sans rien faire ! Je me suis vite rendu compte que je perdais pied dans la société. Je me suis alors engagée dans une Association familiale laïque. Tant et si bien que je suis maintenant Secrétaire générale du conseil national des associations familiales laïques (CNAFAL), sur Paris !
Je suis également administratrice aux pupilles de l'enseignement public (PEP), coordonnatrice régionale du secteur médico-social des PEP.
La défense de la laïcité, du service public, a toujours été pour moi un combat très important.
Pourquoi le Parti Socialiste ?
Je tournais toujours autour. Déjà à Orléans j'avais eu envie de m'engager et je n'avais pas franchi le pas. En fait mon engagement politique militant date de six ans, depuis que je suis à Vannes. J'ai été très bien accueillie dans la section.
Lorsque sont arrivées les municipales de 2008, j'ai été très surprise d'être sollicitée par Nicolas. Je me suis dit : "Après tout, pourquoi pas ?"
Je me suis retrouvée conseillère municipale. Je trouve cela vraiment intéressant.
J'ai toujours été un peu contestataire et aborder la vie municipale dans la minorité, même si c'est frustrant, fait que je ne me sens pas si mal que ça dans l'opposition.
Certes on est marginalisés, et de plus en plus. Au début du mandat j'avais l'impression que le maire tenait un petit peu compte de nous, montrait une certaine écoute. Mais depuis environ un an, ce n'est plus le cas. Il y a des tas de manifestations auxquelles il ne nous invite plus. Les dossiers nous sont communiqués tard. Tout est décidé à l'avance, en petit comité, aux réunions de municipalité en général le vendredi.
Les commissions, quand elles se réunissent, ne servent à rien ; ce sont les services qui nous font part de ce qui a été décidé, de ce qui s'est fait. On n'a aucune possibilité de discussion sur l'orientation politique.
Notre seul "pouvoir" c'est d'intervenir, de donner notre avis, en conseil municipal.
Je regrette vivement qu'il y ait si peu de public lors des séances du conseil municipal....
En ce qui concerne le PS national, je n'étais pas, au départ, pour Martine Aubry. Les "histoires" du Congrès de Reims m'avaient un peu déstabilisée. Mais je dois dire que son action en tant que première secrétaire me paraît plutôt positive.
Je souhaiterais cependant un PS plus offensif par rapport aux politiques menées.
Il y a encore des progrès à faire.
Le PS sera-t-il capable de présenter un programme suffisamment clair, lisible par tout le monde, sur des bases susceptibles de rassembler la gauche ? C'est ce que moi, militante de base, je souhaite et j'espère.
Ce pouvoir est en train de liquider tout ce que nos parents et grands-parents avaient conquis de haute lutte, en particulier avec le programme du Conseil National de la Résistance en 1945. La sécu, l'école, les retraites .… tout y passe.
Cela ne pourra pas durer cinq de plus ! Dans quel état serait la France ?
Nous n’avons pas le choix, il faut gagner en 2012 !

