samedi 14 juillet 2012

La filière volaille gravement blessée


A juste titre, l’écroulement de « l’empire Doux » numéro un européen de la volaille, crée un grand émoi et de vives inquiétudes dans toute la filière mais aussi dans l’ensemble de la population et plus spécialement en Bretagne qui regroupe un tiers de la production française.
Afin de mieux cerner le dossier il importe de préciser de quoi on parle lorsqu’on dit « filière volaille ». Pour cela distinguons plusieurs aspects :
-c’est quoi la filière volaille ?
-un peu d’histoire sur l’origine de la filière
-les principaux acteurs en scène
-Doux, le grand gâchis.

A - La filière volaille
1– L’oeuf ou la poule ?
Eternelle question : qui est arrivé en premier, l’oeuf ou la poule ?
Pour cerner la filière partons du principe que c’est la poule !
Donc au départ il y a les éleveurs de « poules pondeuses ».
Les oeufs ont deux destinations bien précises :
-les oeufs destinés à la consommation soit en l’état soit cassés pour l’usage industriel (biscuiterie…)
-les oeufs destinés à la reproduction, qui sont orientés vers les « couvoirs ». Ceux-ci fourniront les poussins aux éleveurs pour la production de viande.
Déjà à ce niveau il existe deux types de productions avec des contraintes techniques et commerciales très différentes pour un produit final – l’oeuf- apparemment identique.

2-Les volailles c’est quoi ?
En se limitant à la production morbihannaise, sous le terme « volailles » on trouve plusieurs espèces animales et spécialisations des éleveurs:
a)Les espèces :
-les poulets : coquelets, lourds, export, A.O.C
-les dindes
-les canards : maigres et gras
-les pintades
-les pigeons.
b)Les spécialisations :
-les éleveurs de reproducteurs
-les éleveurs pour la production de viande
-les éleveurs gaveurs de canards (foie gras)
Nous voyons déjà la complexité su sujet qui se manifeste par :
-des techniques d’élevage bien spécifiques à chaque espèce.
C’est pratiquement un métier différent pour chaque espèce.
-des bâtiments et des matériels propres à chaque espèce
-des partenaires industriels et commerciaux parfois différents pour chacune des espèces.
La polyvalence des élevages se fait entre dinde et poulet. Mais le plus fréquent c’est la spécialisation par espèce.

3-Les acteurs de la filière :
Trop souvent on ne parle que d’une partie des acteurs : les producteurs et les transformateurs.

Or ils sont bien plus nombreux et variés.
a)Le secteur amont :
-les éleveurs : viande, reproduction et oeufs
-les accouveurs : production de poussins
-les groupements de producteurs et techniques
-les fabricants d’aliments
-les équipes de ramassage et d’embarquement
-les transporteurs
-les entreprises de nettoyage et désinfection
-les fabricants de poulaillers et de matériel
-la recherche génétique et alimentaire
-la protection sanitaire
-les fournisseurs d’énergie (gaz, électricité)
b)Le secteur aval :
-les abattoirs
-les unités de produits élaborés
-le stockage frigorifique
-la logistique et le transport frigorifique
-la production d’emballages
-la valorisation des sous-produits.
Dans cette chaîne le maillon fort –mais qui peut devenir le faible– c’est l’unité industrielle qui a le pouvoir de décider la mise en production de telle espèce, en telle quantité, à tel moment, et à tel prix. Sauf dans le système « coopératif » ou la négociation est plus équilibrée au sein de l’amont et entre l’amont et l’aval.

B - Un peu d’histoire
Pendant des décennies le Morbihan a été le premier département français producteur de volailles et la commune de St Jean Brévelay a détenu très longtemps la plus forte densité d’Europe d’élevages de volailles.
L’élevage des volailles s’est développé dans le département à partir des années 1950/1960. C’était essentiellement du poulet. Ce développement s’est opéré à l’initiative de fabricants d’aliments de bétail— Duquesne.Purina - Sanders - Magadur - Guyomarc’h –en lien avec des coopératives : C.S.A.M et Rurale Morbihannaise.

Géographiquement les élevages se sont implantés sur les Landes de Lanvaux, sur un axe allant de Caden à Languidic avec un point fort sur le canton d St Jean Brévelay.
Les premiers éleveurs ont connu une progression fulgurante de leur revenu entraînant un développement trop rapide et anarchique. Bien vite cette croissance rapide alliée à une mauvaise qualité du produit (à base de farine de poisson) et à une médiocre gestion des industries provoquent une profonde crise. Celle-ci entraîne la fusion de deux coopératives pour former la C.A.M et la disparition de Magadur à Languidic qui sera repris par le groupe UNICOPA qui commençait à s’implanter sur le Morbihan.
Les acteurs étaient ainsi en place pour un deuxième souffle du développement :
-le secteur coopératif autour d’UNICOPA
-le secteur privé avec Guyomarc’h, Duquesne, Sanders et Doux qui apparaît.
De nouveaux acteurs suivront avec la mise en place de la dinde : Bougoin, Glon, Lerial…
Le syndicalisme agricole a aussi joué un rôle important dans ce développement. Faute de surfaces agricoles suffisantes pour conserver les jeunes à la terre, l’élevage dit « hors-sol » a été encouragé et même défendu énergiquement. Les fermetures industrielles—Forges d’Hennebont – Garnier et Flaminaire à Redon—renvoient à l’agriculture des centaines de salariés qui s’installent sur de petites surfaces avec un poulailler, mettant ainsi en valeur les terre médiocres des Landes de Lanvaux par l’apport massif de fumier. Ce sera l’origine de la pollution des eaux par les nitrates.
DOUX, le premier à se lancer dans l’exportation du poulet, connaît une croissance très importante grâce aux aides européennes ( restitutions ). Il est suivi par UNICOPA plusieurs années plus tard.
Au fil des années, des crises successives et des fusions-absorptions, des acteurs disparaissent (Guyomarc’h, Bourgoin, UNICOPA) et d’autres se renforcent ou apparaissent sur des créneaux de qualité diversifiés (L.D.C, CAM.Britex, Gastronome, Glon…)

En 1994 la Bretagne subit un gros choc consécutif aux accords de l’Uruguay-Round.
Le secteur de la volaille perd :
-400 000 m² de poulaillers
-37% du tonnage produit
-33% de ses exportations avec un cortège d’emplois suite à la fermeture d’élevages et d’entreprises de transformation.

Par sa croissance externe et ses délocalisations, DOUX devient le leader européen de la volaille.
Leader aux pieds d’argile en raison de ses choix stratégiques contestables et d’une gestion défectueuse aboutissant au désastre de 2012.
Dans son ensemble, la filière volaille française est malade. Après avoir été largement exportatrices sur l’Europe les entreprises françaises sont battues sur les marchés de la viande fraîche par les Allemands, les Belges, les Hollandais et même les Polonais qui bénéficient d’une fiscalité plus avantageuse et surtout font appel à de la main-d’oeuvre d’origine hors
Union européenne. Le résultat est désolant. Actuellement quatre poulets sur dix consommés en France sont importés. Après DOUX, l’effet domino est à craindre .

C - Production
1)Groupes régionaux et nationaux intervenant en Morbihan
2)Sites industriels morbihannais
Voir tableaux en annexes
3)Marché mondial
La consommation de viande de volaille connaît une progression régulière partout dans le monde.
Cette progression s’explique par :
-une relative simplicité des techniques de production
-l’absence d’interdits religieux concernant cette viande
-un faible coût par rapport à la viande bovine.
Les intervenants sur le marché mondial sont de quatre ordres :
-L’Europe : France , Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Pologne
-le Brésil, de moins en moins présent en Europe
-les USA, surtout en poulet
-la Thaïlande, essentiellement sur le marché asiatique.
Le dossier « volaille » met en lumière les incohérences des politique européennes:
-les accords d’échanges sur les viandes entre l’Europe et le Mercosur (Amérique du Sud) sont très déséquilibrés puisque les coûts sortie abattoir sont de 600 euros la tonne inférieurs au Brésil par rapport à la France.
-à l’intérieur de l’Europe le déséquilibre est également très important. A titre d’exemple grâce à sa politique fiscale et surtout salariale qui permet aux industriels de faire appel aux travailleurs des Pays de l’Est, l’Allemagne peut mettre sur le marché des produits à des coûts très inférieurs aux coûts de production français : moins 160 euros la tonne pour la dinde et moins 123 euros la tonne pour le poulet.
-les concurrents européens de la France appliquent une politique d’emballage des produits beaucoup moins onéreuse : la caisse de 20 kg est d’usage courant sauf en France. Ce qui n’empêche pas les acheteurs français de l’apprécier…

D - DOUX : le grand gâchis !
La déconfiture de « l’empire Doux » est un grand gâchis au sein de la filière volaille.
Citons quelques aspects :
-L’endettement énorme du groupe Doux est dû en large partie à sa filiale brésilienne FRANCOSUL.
Or l’achat de cette société était une forme de délocalisation de la production de volaille vers un pays aux coûts de production imbattables en raison
-de la faible rémunération de sa main- d’oeuvre
-de son climat n’exigeant que très peu de chauffage des élevages, et des bâtiments légers
-une production locale de soja
Le désastre financier est donc bien étrange….
-Depuis l’origine, Doux s’est spécialisé dans l’exportation du poulet congelé vers le Moyen-Orient et la Russie. Son développement sur ce créneau s’est fait grâce aux « Restitutions européennes » (Subventions). Depuis au moins trente ans Doux a perçu des sommes énormes (près de 55 millions d’euros pour l’année 2011). Ces crédits ont certes contribué à créer et maintenir des emplois dans la production et la transformation de la volaille, mais ils ont aussi été une forme de subvention déguisée à des pays parmi les plus riches du monde qui disposent largement de moyens suffisants pour nourrir leur population et leurs travailleurs sans l’aide européenne.
-Sous le contrôle de la banque BNP-Paribas qui détient 20% de son capital, Doux a participé au démantèlement de l’un des fleurons de l’agroalimentaire breton : le groupe Guyomarc’h. Cela s’est traduit par la fermeture de Galina à Vannes, Père Dodu à Malansac, Lerial à Locminé soit un millier d’emplois sacrifiés sur le Morbihan.
-Pour se développer Doux a aussi pratiqué « la croissance externe » en rachetant de nombreuses entreprises avicoles en France et en Europe. La majorité d’entre elles ont depuis été fermées.

L’urgence impose la recherche de solutions pour sauver le maximum d’outils industriels et leurs emplois, mais aussi les élevages avec les centaines de familles concernées, sans oublier la multitude d’entreprises sous-traitantes.
Ceci ne doit pas occulter la recherche des responsabilités dans ce fiasco.
C’est notamment le rôle des députés européens pour enquêter sur le volume et l’usage des énormes « restitutions » attribuées au groupe Doux pendant des décennies pour soutenir une activité sans grande valeur ajoutée vouée à l’échec en cas d’arrêt de ces aides. Ce qui est programmé pour 2020.
La moralisation de la vie publique et le bon usage de l’argent des contribuables c’est aussi cela !

Cyr Le Texier

lundi 18 juin 2012

Législatives : Morbihan 1re circonscription Cantons : Muzillac, Sarzeau, Vannes Centre, Vannes Est, Vannes Ouest


Élu(e)

M. Hervé PELLOIS
(Divers gauche)

Données fournies par le ministère de l'Intérieur

2ème Tour

Inscrits : 98874 Abstentions : 35053 ( 35,45 %) Votants : 63821 ( 64,55 %) Blancs ou nuls : 1409 ( 1,43 %) Exprimé : 62412 ( 63,12 %)
PELLOIS - 52.45%GOULARD - 47.55%

M. François GOULARD
(Union pour un Mouvement Populaire)47,55 %(29679 voix)

M. Hervé PELLOIS
(Divers gauche)52,45 %(32733 voix)

mercredi 13 juin 2012

mardi 12 juin 2012

Pour le changement dimanche - une majorité parlmentaire


Pour donner une majorité parlementaire à François Hollande les socialistes de la section de Vannes appellent à voter Hervé Pellois dimanche 17 juin au second tour des législatives sur la première circonscription du Morbihan.
Maintenant la victoire pour le changement passe par le rassemblement derrière le candidat de gauche.
 
 
Thierry Normand
Secrétaire de section PS Vannes
 
Nicolas LE QUINTREC
Conseiller municipal La Gauche Vannetaise  
 
Vannes, le 12 juin 2012 


mercredi 6 juin 2012

Votre carte au PS : adhérer au parti socialiste


Une adhésion au parti dont est issu le président de la république française François Hollande, c’est simple. Citoyen vannetais et citoyenne vannetaise, vous vous reconnaissez dans les valeurs humanistes du socialisme rejoignez la section PS de Vannes.

La section vannetaise est rattachée à la fédération du Parti Socialiste du Morbihan. La fédé 56 compte 43 sections réparties sur le territoire départemental. Nous pourrions citer celles de Lorient, Pontivy, Ploërmel, Auray ou Gourin pour les principales sur les 6 circonscriptions du département.

Être socialiste c’est vouloir changer la société
Être socialiste c’est de ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’article 1er de la déclaration de principe du Parti socialiste en fait un des fondamentaux de l’engagement. L’idée même du socialisme découle de la  volonté de lutter contre toutes les injustices et de bâtir une vie meilleure pour les hommes. Le socialiste est issu de la pensée critique et s’appuie sur l’émancipation de la personne humaine.

Vous vous reconnaissez dans ces valeurs morales alors





mardi 5 juin 2012

Dimanche 10 juin - VOTEZ.


Qui ne dit rien, consent ?!..


Un constat rapide.

Dans l'Ouest de la France, les grandes villes , et principalement en Bretagne, le Front National ne dépassait guère les 7à 8% aux élections précédentes. A l'élection présidentielle, sans atteindre les chiffres de l'Est et du Sud Est de la France, en Bretagne il dépasse les 10% et dans notre circonscription il atteint 12,14%.
C'est la petite bé-bête qui monte, qui monte...pas seulement en France, mais partout en Europe. Il serait peut-être temps de s'en préoccuper.

Il est incontestable que depuis 2008, date du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, puis de l'offensive vis à vis des Roms, le discours de l'ex-président s'est durci de plus en plus. Au lieu de rassembler les français, il n'a eu de cesse de les cliver, de montrer des coupables (les syndicats, les fonctionnaires, les corps intermédiaires,...), de désigner des boucs émissaires (les chômeurs, les immigrés...).

Pour s'approprier les voix du Front National et renouveler l'objectif de 2007, Nicolas Sarkozy s'assure le concours d'un conseiller célèbre, le directeur du journal d'extrême droite « Minute » pendant de nombreuses années, Patrice Buisson. Et donc nous avons eu cette ligne à tribord toute de l'UMP durant la campagne, même si certain comme Fillon, Raffarin, Juppé ont essayé d'introduire quelques bémols à plusieurs reprises.

Revenons en pays vannetais.

Notre député, François Goulard, qui n'a pas été, il faut le reconnaître, en odeur de sainteté à l'Elysée durant le quinquennat, a pourtant pris soin de rester un peu à l'écart dans la première partie du mandat de Sarkozy. Il a su prendre du recul, par rapport au « bling bling », au « Fouquet's », à l'omniprésence du président des riches.

Dans une première période, nous avions l'impression que notre député était relativement proche des idées de François Bayrou, dans notre région cette posture centriste avait quelque chose de politiquement plus correct. Il est vrai que Bayrou avait totalisé 18% des voix au 1er tour de la présidentielle de 2007, et cela offrait des espoirs certains pour beaucoup de centristes et démocrates.

Par la suite, nous observons une proximité avec Dominique de Villepin ancien ministre de Jacques Chirac, qui un moment candidat à la présidentielle, ne décollera pas dans les sondages et finira par jeter l'éponge. Cela correspondait davantage à une position gaulliste dans la tradition.

Finalement pour notre député, c'est un soutien sans faille au président sortant, « seul capable de battre le candidat de la gauche le 6 mai » (sic).
Mais alors pourquoi s'être donné tout ce mal à prendre de la distance tout au long du mandat présidentiel sans apporter de la nuance, quelques bémols comme d'autres ténors UMP l'ont fait (Fillon, Raffarin, Juppé par exemple), comme si tout dans le discours de Sarkozy, inspiré par l'ex-très proche du Front National Buisson, était acceptable ?

Nous ne pouvons que regretter ce silence assourdissant, devant cette droitisation extrême d'un discours s'éloignant des valeurs républicaines et gaullistes. Quelques mots auraient suffit pour nous rassurer que les digues vont tenir à l'avenir. Espérons à ce sujet qu'il existe encore beaucoup de Chantal Jouano, Nathalie Kosisko Moriset à l'UMP qui auront le réflexe républicain avant qu'il ne soit trop tard.
Pour monsieur Goulard, qui nous avait habitué à exprimer « une pensée politique libre et originale », les dés sont-ils jetés ? N'est-il pas déjà trop tard ?


Daniel Gobert.