mardi 5 juin 2012

Qui ne dit rien, consent ?!..


Un constat rapide.

Dans l'Ouest de la France, les grandes villes , et principalement en Bretagne, le Front National ne dépassait guère les 7à 8% aux élections précédentes. A l'élection présidentielle, sans atteindre les chiffres de l'Est et du Sud Est de la France, en Bretagne il dépasse les 10% et dans notre circonscription il atteint 12,14%.
C'est la petite bé-bête qui monte, qui monte...pas seulement en France, mais partout en Europe. Il serait peut-être temps de s'en préoccuper.

Il est incontestable que depuis 2008, date du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, puis de l'offensive vis à vis des Roms, le discours de l'ex-président s'est durci de plus en plus. Au lieu de rassembler les français, il n'a eu de cesse de les cliver, de montrer des coupables (les syndicats, les fonctionnaires, les corps intermédiaires,...), de désigner des boucs émissaires (les chômeurs, les immigrés...).

Pour s'approprier les voix du Front National et renouveler l'objectif de 2007, Nicolas Sarkozy s'assure le concours d'un conseiller célèbre, le directeur du journal d'extrême droite « Minute » pendant de nombreuses années, Patrice Buisson. Et donc nous avons eu cette ligne à tribord toute de l'UMP durant la campagne, même si certain comme Fillon, Raffarin, Juppé ont essayé d'introduire quelques bémols à plusieurs reprises.

Revenons en pays vannetais.

Notre député, François Goulard, qui n'a pas été, il faut le reconnaître, en odeur de sainteté à l'Elysée durant le quinquennat, a pourtant pris soin de rester un peu à l'écart dans la première partie du mandat de Sarkozy. Il a su prendre du recul, par rapport au « bling bling », au « Fouquet's », à l'omniprésence du président des riches.

Dans une première période, nous avions l'impression que notre député était relativement proche des idées de François Bayrou, dans notre région cette posture centriste avait quelque chose de politiquement plus correct. Il est vrai que Bayrou avait totalisé 18% des voix au 1er tour de la présidentielle de 2007, et cela offrait des espoirs certains pour beaucoup de centristes et démocrates.

Par la suite, nous observons une proximité avec Dominique de Villepin ancien ministre de Jacques Chirac, qui un moment candidat à la présidentielle, ne décollera pas dans les sondages et finira par jeter l'éponge. Cela correspondait davantage à une position gaulliste dans la tradition.

Finalement pour notre député, c'est un soutien sans faille au président sortant, « seul capable de battre le candidat de la gauche le 6 mai » (sic).
Mais alors pourquoi s'être donné tout ce mal à prendre de la distance tout au long du mandat présidentiel sans apporter de la nuance, quelques bémols comme d'autres ténors UMP l'ont fait (Fillon, Raffarin, Juppé par exemple), comme si tout dans le discours de Sarkozy, inspiré par l'ex-très proche du Front National Buisson, était acceptable ?

Nous ne pouvons que regretter ce silence assourdissant, devant cette droitisation extrême d'un discours s'éloignant des valeurs républicaines et gaullistes. Quelques mots auraient suffit pour nous rassurer que les digues vont tenir à l'avenir. Espérons à ce sujet qu'il existe encore beaucoup de Chantal Jouano, Nathalie Kosisko Moriset à l'UMP qui auront le réflexe républicain avant qu'il ne soit trop tard.
Pour monsieur Goulard, qui nous avait habitué à exprimer « une pensée politique libre et originale », les dés sont-ils jetés ? N'est-il pas déjà trop tard ?


Daniel Gobert.