Candidate au poste de première des socialistes pour l'élection sénatoriale dans le Morbihan, Odette Herviaux, sénatrice sortante, a reçu un très large soutien des militants morbihannais. Le Rappel, bimensuel d'information de la fédération socialiste du Morbihan, lui a donné la parole dans son numéro du 27 mai. Reprenons les éléments essentiels de cette tribune d'Odette Herviaux
Depuis 2002 "nous avons assisté à la confiscation progressive du pouvoir par un seul appareil partisan, puis à la mise en scène de sa personnalisation depuis 2007. Ces phénomènes particulièrement dangereux pour notre démocratie s'accompagnent d'un affaiblissement orchestré du Parlement et du Sénat en particulier (...)
En tant que sénatrice du Morbihan je n'ai cessé de m'opposer à ces dérives, au rejet systématique par la droite des dispositifs de régulation dont la crise a pourtant rappelé l'impérieuse nécessité. L'éco-développement, la justice fiscale et sociale tout comme la solidarité territoriale ne peuvent se satisfaire de déclarations d'intentions . La puissance publique doit retrouver toute sa place.
C'est dans ce cadre que j'ai situé mon action d'élue nationale au service des territoires et des élus du Morbihan, en maintenant un dialogue permanent avec eux.
Je me suis battue pour un aménagement équilibré et durable qui prenne en compte les spécificités du monde rural et des zones littorales. Il est apparu essentiel de sécuriser les ressources des collectivités locales et leur autonomie fiscale. Avec mes collègues socialistes, verts et communistes, nous avons ardemment bataillé en ce sens : opposition à la réforme des collectivités locales, mise en garde contre la suppression de la taxe professionnelle, refus de la diminution des dotations et de la recentralisation financière et administrative, soutien aux service publics locaux.
J'ai vigoureusement défendu le développement d'un secteur primaire éco-productif dans le cadre des réformes de la politique agricole commune, de la politique commune de la pêche, de la loi d'orientation agricole, de la loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche, de la sécurité sanitaire, de l'installation des jeunes...
Je me suis engagée fortement dans le processus du Grenelle (...), ce qui m'a conduit à défendre nos littoraux contre les pétroliers inconscients, à défendre nos emplois, avec l'ensemble des sénateurs bretons, contre une mise en oeuvre brutale de l'éco-taxe sur les poids lourds ou bien encore les pêcheurs face à l'augmentation des prix du gazole .
Je me suis régulièrement impliquée sur les textes de loi liés à la vie quotidienne de nos concitoyens, loi de mobilisation et de lutte contre l'exclusion, loi sur la nouvelle organisation des marchés de l'électricité par exemple."
Avoir recueilli la quasi unanimité des suffrages des militants "est une très belle marque de confiance qui m'honore et qui m'oblige. Ma décision de ne pas renouveler mes autres mandats pour me concentrer uniquement sur mon activité de parlementaire correspond sans aucun doute à une attente de plus en plus forte des militants et des citoyens.
Mon attachement constant à la proximité répond également à ce besoin plus large d'humaniser la politique.
Enfin, face à une droite patriarcale, la volonté de réaliser une parité concrète a pu favoriser cette adhésion.(...)
Avec le soutien de vous tous, j'entends mener une campagne de terrain, cohérente avec nos valeurs de respect et d'écoute, auprès de tous les élus du département. J'ai sollicité l'ensemble des maires afin de les associer à l'élaboration d'une proposition de loi programme sur un nouveau pacte territorial.
Le changement du mode de scrutin me place dans une position d'outsider: sortante mais en conquête ! Notre réussite est cruciale pour garantir l'équilibre et la diversité politiques, tant au niveau du département qu'au niveau du Sénat, où l'affirmation de la gauche a permis de freiner le gouvernement dans ses projets les plus critiquables. Nous avons quatre mois pour réussir."
