jeudi 18 février 2010

BRETAGNE SOLIDAIRE. Foncier de Bretagne : une volonté politique

Dès la fin de l’année 2004, conformément à son engagement visant à assurer la cohésion territoriale, la majorité de gauche nouvellement élue lance la démarche de création de l’établissement public foncier régional (EPFR), en partenariat avec l’Etat et les collectivités bretonnes. Une certaine droite, animée par le député-maire de Vannes, François Goulard, s’emploie alors à torpiller le dossier : la mise en œuvre concrète de régulation est en effet insupportable à la branche la plus libérale de l’UMP bretonne.

Grâce à la volonté du Conseil régional, et malgré ce combat d’arrière garde, le décret portant création de l’EPFR est publié au Journal Officiel le 9 juin 2009. Et en octobre de la même année, son Conseil d’Administration tient sa première réunion. L’EPFR prend dès lors le nom de « Foncier de Bretagne ».

Quatre missions lui sont confiées : le logement, le développement économique, la protection de l'environnement et la reconversion des friches industrielles et militaires.

Sur le logement, le constat est le suivant : une tension liée d’une part à une demande soutenue de résidences secondaires et d’autre part à une forte croissance démographique (la Bretagne devrait compter 400 000 nouveaux habitants à l'horizon 2030 selon l'Insee). A cet égard, l’objectif prioritaire assigné au Foncier de Bretagne est de favoriser la diversification de logements en milieu rural et la réalisation de logements aidés.

Concernant le développement économique, l’établissement aide les collectivités à constituer des réserves foncières pour renforcer leur capacité d'accueil des entreprises, notamment en création de zones d'activités . Il s’agit par ailleurs de contribuer au maintien des activités commerciales dans les communes rurales.

Pour ce qui est de la protection de l’environnement, l’organisme a vocation à acquérir des terrains pour garantir une protection durable des sites sensibles, en les soustrayant à la pression de l'urbanisation. Exemples : protection de périmètres de captage d'eau, réalisation de ceintures vertes, lutte contre les inondations...
Pour mener à bien de telles missions, le Foncier de Bretagne dispose de moyens grâce à des dotations de l’Etat et de la Région, de l’emprunt, de la taxe spéciale d’équipement, de la revente des terrains acquis (au bout de quelques années seulement), et d’éventuelles soutiens spécifiques d’autres collectivités…
Le Foncier de Bretagne a récemment présenté ses premiers projets. Au total : un investissement de 8 millions d'euros pour ses dix-sept premières acquisitions foncières. Dans leur grande majorité, elles concernent des projets d'habitat. On note aussi l'achat d'une exploitation agricole de 50 ha en Ile-et-Vilaine pour favoriser le développement du bourg de Saint-Aubin du Cormier et valoriser les espaces naturels. De même, a été acquise une propriété privée sur l'Ile de Groix permettant de construire des logements et d'y transférer un centre d'accueil de personnes âgées. Enfin, l'établissement public régional compte s'investir dans le projet de rénovation du quartier de la gare de Rennes, Euro Rennes.

C’est une incontestable réussite au service de la cohésion territoriale et de la solidarité en Bretagne. Pour autant, la vigilance demeure impérative car la tentation pourrait être grande pour une autre majorité, non de supprimer le Foncier de Bretagne, mais d’en faire une coquille vide. Le foncier constitue en effet un des enjeux clés de l’avenir de la Bretagne. Il est par conséquent plus crucial que jamais qu’une majorité de gauche rassemblée autour de Jean-Yves Le Drian émerge les 14 et 21 mars prochains. Pas simplement pour consolider les acquis mais surtout pour donner vie et réalité à une Bretagne solidaire, créative et responsable.